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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



L’affaire de l’esclave FURCY
Mercredi, 07 Septembre 2011 08:38
altEcrit par Mohammed Aïssaoui
Prix Renaudot Essais 2010 et Prix R.F.O. 2010, disponible en poche depuis le 1er septembre Folio n°5275, 240 pages
Un procès opposa pendant vingt-sept ans, le jeune esclave Furcy à son maître Lory. Cette affaire a commencé en 1817 sur l’île Bourbon (actuelle île de la Réunion), et a trouvé son dénouement à Paris, le 23 décembre 1843. Lire ce livre c’est réaliser un devoir de mémoire.
Cet opus remarquable et exemplaire est une œuvre humaniste, une quête de vérité et de justice. On a une double réflexion sur la responsabilité et l’engagement. On réalise aussi l’importance ultime de l’identité.

Si l’esclavage a été aboli en 1794, Bonaparte l’a rétabli en 1804. Dans les îles, ils sont des dizaines de milliers à être exploités, battus et assassinés par de riches blancs. Furcy, un jeune homme de 31 ans, de mère indienne et libre, devait être affranchi, mais son droit n’était pas reconnu par son maître, Joseph Lory. C’est pourquoi, le 2 octobre 1817, Furcy, qui était lettré, déposa une requête auprès du procureur général de la cour Royale de Saint-Denis, Gilbert Boucher. Son jeune substitut Jacques Sully-Brunet prit la peine de lire le gros dossier d’accusation et choisit de lancer « l’affaire de l’esclave Furcy ». Grâce à un article de loi, Furcy bénéficia d’une aide gratuite d’un défenseur. Boucher et Sully-Brunet ont porté cette affaire en Cour et se sont alors attirés la vindicte des familles faisant la loi localement.

Il faut se souvenir que pendant l’esclavage, le Noir n’était pas considéré comme une personne mais comme un meuble, au même titre qu’une commode ou une chaise… L’affaire portée en justice sur l’île a donc défrayé la chronique. Une chose, un meuble osait revendiquer son droit ?

Cette affaire relatée sous forme de roman par Mohammed Aïssaoui, est une histoire tout aussi bouleversante que celle de La case de l’oncle Tom qui ne cesse de nous obséder et de nous émouvoir.

Pour Mohammed Aïssaoui, tout a commencé avec la mise aux enchères à l’hôtel Drouot à Paris, des archives concernant « l’affaire de l’esclave Furcy ». « C’est le problème pour tout un pan de l’histoire : les victimes ne laissent pas de traces. Il n’y a rien, ou presque rien. Que des silences. Trop de silence. Et des morts anonymes. Une histoire sans archives »

altPour faire renaître et vivre Furcy, l’auteur a passé des centaines d’heures à fouiller les dossiers de la BNF, les archives départementales de la Réunion. Aïssaoui a même essayé de retrouver les lieux où Furcy aurait pu aller. Puis, il a décidé de le faire exister grâce à un roman, écrit avec intelligence, finesse et compassion.

« C’est le souci de l’autre qui fait avancer le monde ». Grâce à Mohammed Aïssaoui, on découvre le fabuleux destin d’un homme devenu un symbole pour l’humanité. Avec sa ténacité et son énergie à couper le souffle, Furcy a constitué un mémoire de près de mille pages pour son procès. Le lecteur, lui, est tenu en haleine jusqu’au dénouement.

Un livre à lire de toute urgence et à mettre entre toutes les mains, à l’heure où ressurgissent tant de doctrines extrêmes…

Mohammed Aïssaoui est journaliste au Figaro Littéraire. Il a écrit Le goût d’Alger, anthologie, en 2006 aux éditions Mercure de France
Par Florence Courthial
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