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NOTRE COUP DE COEUR...

LE MONDE DE STEVE McCURRY

Exposition du 9 décembre 2021 au 31 juillet 2022

Musée Maillol, Paris

Plus d’information sur www.museemaillol.com

Le musée Maillol rend hommage au travail remarquable réalisé par le photographe Steve McCurry, avec une exposition d’envergure présentant plus de 150 photographies en grand format, toutes magnifiques. Cette rétrospective dédiée au photographe américain est composée de ses photos les plus célèbres. Le visiteur découvre également de nouvelles prises de vue dont plusieurs sont inédites. Steve McCurry est reconnu pour son humanisme, sa dignité, sa compassion envers les êtres vivants de tous les mondes : humain, animal, végétal et minéral. L’harmonie, la grâce et la magnificence qui se dégagent de tous ses clichés sont singulières et provoquent, en chacun de nous, un nombre incroyable d’émotions. C’est là, toute la magie McCurry, à Paris, jusqu’au 31 juillet 2022.


 




Les installations poétiques de Duy Anh Nhan Duc
Samedi, 27 Novembre 2021 15:14

Plasticien du végétal, poète de l’éphémère, Duy Anh Nhan Duc, artiste franco-vietnamien fait de la nature la matrice de ses œuvres, créant des installations poétiques à partir de matières naturelles qui le fascinent. La nouvelle Carte Blanche du Musée national des arts asiatiques – Guimet, la dixième depuis 2015, lui a été confiée. Duy Anh Nhan Duc nous invite à découvrir des installations réalisées en trois moments : « Face au Mur », « Le Parloir des souhaits » et « les Racines du Ciel », au sein de la Rotonde du quatrième étage. Pour la première fois, tous les volets des fenêtres sont ouverts avec vue sur le Ciel et permettent de laisser entrer la lumière naturelle pour que le vivant renaisse plus radieux que jamais. Cette exposition ouvre un espace méditatif et onirique pour respirer, s’entourer de beauté, rêver, se reconnecter avec la nature et réfléchir aux actions à mener pour vivre dans un monde meilleur, plus juste et équitable. Jusqu’au 7 février 2022. Merveilleux !

 


 

Une exposition éphémère pour un monde durable

Le travail de Duy Anh Nhan Duc puise son essence dans la beauté et la poésie du monde végétal. Chacune de ses créations émane du plaisir immense que l’artiste éprouve à passer du temps dans la nature : en forêt, dans des prairies, des friches et même en ville, au milieu d’un rond-point comme celui de la Porte Maillot où une immensité de pissenlits en fleur l’attire dès l’arrivée du printemps.

 

 

De son enfance vietnamienne, Duy Anh a conservé l’impression forte de jungles qui peuvent assaillir intimement un petit garçon dans la luxuriance de la végétation et la montée des odeurs de terre. Exilé loin du primitif jardin, il a tenté de renouer avec cet horizon perdu, en se concentrant sur l’harmonie géométrique de la flore.

Duy Anh parle en fleurs

Observateur patient des cycles du vivant, Duy Anh trouve le meilleur moment pour les cueillir, sans les flétrir, pour les éterniser en parterres ou en tableaux. Il nous offre une étendue de rêves, défie le fragile et livre les images de l’union paradoxale des contraires. Le végétal est son moyen d’expression principal.

« L’émerveillement s’offre à tous ceux qui le cherchent. J’aime me laisser guider par le jeu de la rencontre : l’agencement gracile des pétales d’une fleur, la puissance d’une graine, l’architecture d’un système racinaire, une plante qui pousse au travers des pierres, du béton ou du goudron, et même les végétaux que nous ne regardons pratiquement plus tels que les trèfles, le blé, les pissenlits, les salsifis, les coquelicots qui bordent les chemins, … »


Saisir l’éphémère

Cette exposition est pour l’artiste une invitation à un voyage intérieur. Elle permet de se poser des questions dans cette période qui traverse une crise de vie et le réchauffement climatique ; que voulons-nous vraiment pour demain ?


Un mur, comme un murmure

 

« FACE AU MUR »

 

Dès notre entrée au sein de la Rotonde du musée, c’est « Le mur » qui se dresse devant nous, un mur végétal très grand avec des milliers de maillons qui forment un système solide alors qu’un maillon seul est insignifiant. C’est une allégorie à nos vies d’humains qui seuls ne peuvent pas faire grand chose alors qu’ensemble, on est plus forts, plus créatifs. Ce mur, comme un murmure, un cri sourd de l’artiste, représente toutes les personnes qui se mobilisent pour améliorer les conditions de vie de chaque être vivant qu’il soit de monde végétal, animal, minéral ou humain.

Ce mur a été construit en quatre mois avec l’aide de quatre personnes. « Le message que j’aimerais faire passer avec cette installation est de prendre conscience de la force que nous avons en nous pour éviter de continuer à détruire la planète. L’idée est de prendre le temps de comprendre le cycle de la plante dans le respect de la saison. »


Constitué de multiples maillons liés les uns aux autres, ce mur évoque la spirale dans laquelle nous sommes engagés. Au centre, des milliers de graines de pissenlit ont pris place. Le cercle exprime la force du collectif pour penser le monde différemment et surtout, tous ensemble. Une fois l’obstacle du mur dépassé, un champ des possibles : des milliers de pissenlits en graine attendent d’être semés.


Agir dans un monde durable

Le pissenlit est une des espèces les plus adroites et vigoureuses du règne végétal. C’est une plante anémophile. Merveilleuse ingéniosité de la nature, ses akènes surmontés de pappus, tels des millions de parachutes à graines, lui donnent une force de propagation incomparable. De nature sauvage, il fleurit à tous vents sur presque toute la planète et nous remémore notre enfance. Nous sommes encore nombreuses et nombreux à continuer de souffler sur la tête sphérique de sa fleur pour regarder l’envolée gracieuse de ses aigrettes à filaments doux. Un simple souffle peut répandre la vie. Les graines retombent et élargissent le domaine de propagation des pissenlits.


Le Parloir des souhaits

Ce parloir doit être activer par le visiteur.

L’artiste l’a imaginé à mi chemin entre une cabane fabriquée avec son père ou son grand-père dans un jardin et une serre. Toutes les fenêtres utilisées ont été trouvées par l’artiste dans les rues les jours des encombrants. Elles sont pour lui comme des graines d’avenir pour reconstruire un monde durable. Là, elles sont en dormance et nous devons trouver la force pour les faire danser et les réveiller.

Il y a une hélice qu'il faut faire tourner très doucement et à ce moment, la magie opère, les fleurs de pissenlits s’envolent et quittent aussi le parloir parce qu’elles doivent toujours rester libres.

Par les vœux que le visiteur confie au Parloir, on ouvre un champ à l’espoir et à l’enchantement. Comme un rêve. Ce parloir est le reflet de la conscience de Duy Anh par rapport à l’urgence des actions à mener contre le réchauffement climatique.


« Il nous faut des milliers de forces positives. Le Parloir on l’a tous en nous. Des idées germent et on doit les protéger. Cette idée sort de mon imaginaire pour montrer comment les graines doivent pousser en paix et en conscience. Devant ce parloir, on laisse libre cours à l’imagination, à l’expérimentation pour nous pencher sur l’avenir que nous voulons. »


Quels sont nos souhaits les plus chers dans un monde qui s’effondre ?

Le souhait de l’artiste est celui de réinventer un monde, créer des possibles, agir pour un monde plus juste et plus conciliant. Duy Anh nous invite à transmettre nos souhaits et à les activer.


 

 

« Dans ce parloir directement sorti d’un rêve d’enfance, nous devons raviver les pensées magiques ayant déserté le monde rationnel et productif qui discipline notre quotidien. Nous reviennent alors ces rêveries estivales, ces vœux puérils. Pour réenchanter le monde, il faudra croire aux fées et se rappeler la joie de danser pieds nus dans une prairie en fleurs. » nous dit Virginie Maris, philosophe de l’environnement au CNRS et auteure.


 

 

 

Agir pour soi et pour nos enfants

L’artiste souhaite consacrer son art à la prise de conscience de toutes les valeurs et les forces nécessaires pour construire un monde meilleur. Nous devons agir vite, créer et transmettre nos meilleures solutions. Réfléchir à la manière de produire des œuvres, en échangeant avec le public. Ouvrir les consciences, raviver nos rêves.


Les Racines du Ciel

L’artiste voulait finir cette exposition sur une ouverture en présentant notre allier. C’est ce petit gland, ce germe qui pousse dans une calebasse asséchée. La nature est vitale. Cette graine à des milliers de possibilités de changement pour exalter sa force, créer le monde de demain.

Nous devons changer notre façon de consommer et de produire et aussi prendre le temps de s’émerveiller devant la nature. Dans la nature il n’y a pas de mort mais des renaissances.

Dans cette calebasse sèche un gland renaît. Il va devenir un arbre. Là, la graine vit le monde de la terre pour plus tard monter vers le Ciel.

La graine incarne la puissance pure qui caractérise la vie, et dans cette calebasse c’est la vie dans la vie. Laissons le vivant nous apprendre la vie…

« Se rapprocher des arbres, c’est se remémorer notre appartenance au vivant. En les observant, nous prenons conscience de notre double enracinement dans la terre et dans le cosmos. Leurs interactions avec le monde céleste, le Soleil, la Lune et les autres planètes, nous rappellent que nous sommes tous dans une rythmicité cosmique. »

Architecte du végétal, poète, écologiste dans l’âme, Duy Anh nous enchante en nous permettant de vivre des moments magiques au cœur d’installations oniriques et méditatives dont on a peine à se séparer…

Venez rêver au musée Guimet, vous serez émus par tant de beauté et votre regard sur la nature pourrait bien changer à tout jamais.

Notre vœu le plus cher est de prémunir notre Terre…

Florence Courthial

 

 

 

 

Carte blanche à Duy Anh Nhan Duc

Musée national des arts asiatiques – Guimet

6 Place d’Iéna, 75116 Paris

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h.

 

www.guimet.fr

 

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