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NOTRE COUP DE COEUR...

20 ANS d'acquisitions du musée du Quai Branly Jacques Chirac

 

Exposition du 24 septembre 2019 au 26 janvier 2020

Musée du Quai Branly - Jacques Chirac

Plus d’information sur www.quaibranly.fr

20 ans. Les acquisitions du musée Quai Branly - Jacques Chirac, est une exposition remarquable, témoin de la vitalité des créations d'Afrique, d'Océanie, d'Asie et des Amériques. Depuis sa première acquisition en 1998 une statuette féminine provenant du Mexique, créée entre 600 et 200 avant J.-C., symbole iconique du musée du quai Branly, jusqu'à nos jours, vous découvrirez plus de 500 chefs-d'oeuvre des arts premiers, principalement...



HELENA RUBINSTEIN, collectionneuse
Jeudi, 02 Janvier 2020 16:43

Le musée du quai Branly – Jacques Chirac présente soixante-six œuvres de la collection d’HELENA RUBINSTEIN (1870-1965), première femme d’affaires du XXe siècle ayant joué un rôle pionnier dans la reconnaissance et la valorisation des arts africains et océaniens. Précieux reliquaires kota ou fang, pièces d’exception baoulé, bamana ou senoufo, tête Yoruba, sculpture anthropomorphe Sentani, sculptures Agni, masques de Côte-d’Ivoire, du Cameroun, du Gabon, statuette mossi du Burkina Faso, objets divers et superbes, sont magnifiquement exposés dans ce nouvel espace muséal. Vertigineuses beautés !

 

 

 

« Les collections, que j’ai commencées de réunir sitôt mes premiers gains, ne furent jamais une manière d’investir des bénéfices ni une propension au faste, mais un besoin, pour moi, qui n’eus d’autre but que la beauté, de vivre parmi la beauté. »

Helena Rubinstein

Helena Rubinstein (1870-1965) était l’une des femmes les plus riches du monde entre 1900 et 1965. Née dans une famille juive traditionnelle de Cracovie, en Pologne, partie seule vivre en Australie très jeune, Helena Rubinstein a fondé l’empire cosmétique mondialement connu portant son nom.

 

On connait son slogan préféré « Beauty is power » mais tout le monde ne sait pas qu’elle fut la première femme et, certainement la plus grande collectionneuse d’art africain et océanien du XXe siècle… Elle incarne alors l’autonomie féminine, la réussite, elle est une femme libre qui fait ses propres choix, et fut une source d’inspiration pour les autres femmes en voie d’émancipation.

(Helena Rubinstein aimait se faire appeler « Madame », en écho au « Mademoiselle » de Gabrielle Chanel. C’est pourquoi, cette exposition porte le nom de la Collection Madame.)

Helena Rubinstein a rencontré les arts africains à Londres, d’abord grâce à son ami et voisin, le sculpteur Jacob Epstein, lui-même collectionneur. Elle a observé les œuvres chez lui puis à Drouot à Paris et au sein d’un cercle d’intellectuels et d’artistes modernes y travaillant. Elle chinait dans les marchés aux puces et notamment celles de Clignancourt.

 

 

Helena Rubinstein a rapidement eu un œil excellent pour bien choisir les pièces majeures de l’art africain et a beaucoup acheté en suivant ce que lui dictait son cœur. Elle a acquis auprès de grands marchands des œuvres majeures qui ont appartenues à d’autres collectionneurs férus d’art africains et océaniens, tels que Charles Ratton ou Paul Guillaume.

Sa rencontre avec Félix-Henry Lem fut à l’origine de deux enrichissements importants : l’ensemble statuaire et masques du Mali et du Burkina Faso et, un ensemble de terres cuites agni de Côte d’Ivoire du Dr Lheureux.

361 pièces ont été dispersées au cours de trois ventes qui ont eu lieu en 1966.

 

Il aura fallu plus d’un an à Hélène Joubert, commissaire de l’exposition pour recenser un grand nombre des pièces de la collection.

Dans l’exposition, la commissaire a rassemblé soixante-six œuvres pour restituer l’esprit, l’identité et l’originalité de la collection de Madame.

Helena Rubinstein a collectionné un grand nombre d’œuvres qui n’étaient pas connues, surtout des masques et des sculptures de visages, principalement de femmes.

Au cœur de l’exposition, se dresse la Figure féminine du lefem. Bamiléké, chefferie Bangwa du Cameroun, avant 1897 (devenue une icône du mouvement moderniste, photographié par Man Ray) et l’étonnante Marionnette féminine sogo bo Bamana du Mali, région de Koutiala, 19e – début du 20e siècle, ©Collection Malcolm, Tenafly, avec l’aimable autorisation de Schweizer Premodern, New York.

 

La sculpture sur bois était sa prédilection. Helena se déplaçait avec certaines pièces qu’elle chérissait particulièrement lorsqu’elle voyageait. Jusqu’à la fin de sa vie Helena aimait faire circuler ses objets à l’intérieur de ses appartements et, elle les prêtait aux galeries et aux musées pour des expositions et notamment la fameuse expo « African negro art » qui s’est tenue en 1935 au Museum of Modern Art à New York.

 


UNE COLLECTIONNEUSE DANS L’ÂME

Helena Rubinstein a collectionné les appartements, les salons, les amis, (les maris), les vêtements, les bijoux flamboyants, les peintures de maîtres tels que Braque, Chagall, Dali, Derain ou encore Picasso. Cependant, sa collection la plus spectaculaire est celle de pièces extra-européennes (principalement d’Afrique et d’Océanie) car on en recense plus de 400 dont une soixantaine sont visibles dans l’espace muséal. En général, tout ce qu’elle a cumulé, souvent par série, est rare et précieux.

La diversité des coiffures et des scarifications minutieusement restituées à travers l’art funéraire des terres cuites agni de Côte-d’Ivoire a retenu son attention dans une approche sérielle comparative. Helena Rubinstein aimait non seulement toutes les formes de beauté mais aussi elle apprenait à en comprendre le sens et/ou la symbolique. Elle aimait beaucoup les complémentarités esthétiques telles que l’association d’un masque de couleur noire avec un masque de couleur blanche (un masque Gouro et un fang par exemple), ou encore une figure en bois clair et une autre en bois foncé).

 

Coup de cœur pour la Statuette féminine Mossi du Burkina Fasso, fin 19e – début 20e. Sa construction très stylisée et cubiste illustre la convergence entre l’art moderne et la figuration « primitive », reflétant un désintérêt commun de l’imitation du réel qui se traduit par le développement de formes synthétiques. Avec ses six grands masques à lame mossi, la collection de Madame présentait l’Afrique sous un aspect inédit, spectaculaire et incomparable.

 

Helena Rubinstein est l’une des rares marques dans l’industrie cosmétique ayant plus de cent ans, avec un patrimoine aussi riche. Sa fondatrice était une femme visionnaire et avant-gardiste dans tous les domaines où elle s’est engagée. C’est avec beaucoup d’émotion que les visiteurs découvrent son parcours au travers d’œuvres magnifiques. Remettre dans le contexte de l’époque tout ce qu’elle entreprit est un moment formidable et instructif. Quant on pense qu’elle mit au point sa première crème de soin à vingt ans…

Sa collection est toute à son image : belle, puissante et … précurseur.

Superbe expo à découvrir ou à redécouvrir !

Florence Courthial

 


HELENA RUBINSTEIN. La collection de Madame

Jusqu’au 28 juin 2020

Musée du quai Branly – Jacques Chirac

Galerie Marc Ladreit de Lacharrière (anciennement appelée Mezzanine Ouest)

37 quai Branly, 75007 Paris

218 rue de l’Université, 75007 Paris

TĂ©l. +33 1 56 61 70 00


Horaires d’ouverture :

Mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 10h30 Ă  19h

Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

Fermeture le lundi sauf pendant les petites vacances scolaires.

Entrée gratuite le premier dimanche de chaque mois.

#ExpoHelenaRubinstein

www.quaibranly.fr

 

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