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NOTRE COUP DE COEUR...

20 ANS d'acquisitions du musée du Quai Branly Jacques Chirac

 

Exposition du 24 septembre 2019 au 26 janvier 2020

Musée du Quai Branly - Jacques Chirac

Plus d’information sur www.quaibranly.fr

20 ans. Les acquisitions du musée Quai Branly - Jacques Chirac, est une exposition remarquable, témoin de la vitalité des créations d'Afrique, d'Océanie, d'Asie et des Amériques. Depuis sa première acquisition en 1998 une statuette féminine provenant du Mexique, créée entre 600 et 200 avant J.-C., symbole iconique du musée du quai Branly, jusqu'à nos jours, vous découvrirez plus de 500 chefs-d'oeuvre des arts premiers, principalement...



Les contes étranges de N. H. Jacobsen
Mercredi, 29 Janvier 2020 14:44

Le musée Bourdelle nous enchante avec la première exposition en France dédiée à Niels Hansen Jacobsen (1861-1941), sculpteur et céramiste danois, contemporain d’Antoine Bourdelle. Son œuvre est marquée par un goût très prononcé pour l’étrange, l’ambigu et le macabre, en lien avec les mythologies nordiques et les légendes scandinaves, avec l’oralité du folklore et le fantastique des contes d’Andersen. Vous plongerez dans l’univers onirique et symboliste des années 1892 à 1902 à Paris, avec de grands artistes tels que Arnold Böcklin, Jean Carriès, Eugène Grasset, Henriette Hahn-Brinckmann, Jens Lund, Gustave Moreau, Edvard Munch, Odilon Redon, et bien sûr, Antoine Bourdelle. Dans cette étonnante, troublante et splendide exposition, chaque œuvre semble parler « à l’âme en secret sa douce langue natale » en résonance avec Charles Baudelaire et son poème « L’invitation au voyage » dans son œuvre sublime « Les Fleurs du Mal ». On se laisse charmer ?!, c’est jusqu’au 31 mai 2020 !

 


 

 

 

 

Et Baudelaire de conclure…

« Le monde s’endort

Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté. »

« Ordre et beauté » grâce à la scénographie parfaite, conçue par Cécile Degos, autour de cinq sculptures majeures de Niels Hansen Jacobsen qui dialoguent avec les œuvres plastiques des artistes symbolistes de cette époque, travaillant dans la même mouvance. Grâce au jeu d’ombre et de lumière, l’effet « d’inquiétante étrangeté » est à son comble.

Oui, il s’agit bien aussi d’un « luxe », car l’accès à la culture en est un qui doit s’ouvrir à tous.

« Calme », car lorsque le visiteur arpente les salles muséales il est aussitôt emprunt d’un calme intérieur. Voici pour lui un temps de méditation et d’instrospection face à la découverte d’œuvres originales et souvent inédites.

« Volupté », car ici, les argiles, les bronzes, les céramiques, les dessins, les marbres, les peintures et les plâtres vous caressent et vous enveloppent de leurs philtres invisibles. Seuls nos regards et nos souffles peuvent effleurer les œuvres. Néanmoins, tous nos sens sont éveillés et prêts à bondir dans une volute d’émotions et de sensations.

 

 

 

 

Regardez, « La Petite Sirène » en plâtre, créée par Jacobsen en 1901, semble épuisée par sa sortie des eaux pour se lancer dans une incarnation, probablement en quête de spiritualité. Elle sort de l’eau en passant par la terre, caressée par l’air. Le tournoiement de son arabesque enlève, dans le même élan, la blancheur de la fille des mers vers les clartés du monde céleste…

Ô joie, la visite commence par quelques douceurs venues du fond des mers avant d’affronter quelques frayeurs terrestres…

Mais, ne craignez pas le « Troll qui flaire la chair des chrétiens », trollez-le plutôt vous-même en lui faisant votre pire grimace…

 

 

 

 

 

 

Ce troll s’inspire d’une figure immémoriale du folklore scandinave. Une queue, des cornes, des serres en forme de pince à trois doigts, déni diabolique de la Trinité du christianisme ?

Aux aguets dans la forêt des origines, la créature bestiale renvoie aux pulsions premières et dévoratrices. La logique formelle du Troll est née d’un riche humus de références vernaculaires et plastiques.

 

 

 

Le processus dynamique de l’hybridation est inspiré de Paul Gauguin, des pots anthropomorphes et zoomorphes du céramiste qui joue avec le feu pour célébrer l’ensauvagement de l’artiste.

Le but est d’invoquer et de conjurer les monstres primitifs et nos démons intérieurs.

« Quoi que tes sourcils méchants

Te donnent un air étrange

Qui n’est pas celui d’un ange. »

 

 

 

 

 

On est ensuite totalement happés par la sculpture « L’Ombre », à même le sol, comme un grand courant d’air, telle la lave d'un volcan, une fluidité rampante sortie des ténèbres. De cette noirceur équivoque, les symbolistes y voient plusieurs sens : l’ombre agit comme révélateur de l’irrationnel, de la part incontrôlée mais nécessaire de soi-même. Son royaume est celui des bêtes hybrides et nocturnes qui hantent les céramiques de Jacobsen. L’artiste et ses confrères, explorent les rêves et l’inconscient.

Cette sculpture monumentale est exceptionnelle et unique.

 

 

Le parcours de l’exposition entraîne le visiteur dans les méandres de la vie et des mythologies qui la côtoient, racontés avec le langage plastique du sculpteur danois dialoguant avec un grand nombres d’artistes du cercle symboliste.

Tous hantés par la mort, incroyablement représentée avec le bronze « la mort et la mère », comme pratiquement chaque être humain, ces artistes nous dévoilent leurs parts d’ombre afin d’en faire jaillir une lumière salvatrice.

Au fait, sommes-nous réels parce qu’éphémères ?

 

 

Florence Courthial

@Flocourthial

 

 

 

 

 

 

De 1892 à 1902, le sculpteur danois Niels Hansen Jacobsen (1861-1941) s’établit à Paris, une des capitales du premier symbolisme nourri des échanges et des amitiés entre écrivains, musiciens et artistes venus de l’Europe entière.

L’atelier du sculpteur de la Cité Fleurie, au 65 boulevard Arago, est le rendez-vous d’un groupe de symbolistes nordiques et francophiles, notamment les peintres Jens Lund et Henriette Hahn-Brinckmann.

L’émulation est d’autant plus vive que Hansen Jacobsen a pour voisins d’atelier le céramiste et collectionneur Paul Jeanneney, le sculpteur et céramiste Jean Carriès, l’illustrateur et affichiste Eugène Grasset.

Tous ont affronté leurs démons pour donner corps à l’étrange et l’indicible.


 

 

 

Les Contes étranges de Niels Hansen Jacobsen

Exposition du 29 janvier au 31 mai 2020

MUSÉE BOURDELLE

18 rue Bourdelle, 75015 Paris – Tél. +33 (0)1 49 54 73 73

www.bourdelle.paris.fr

Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h.

Fermé le lundi et certains jours fériés (dont 1er mai 2020).

Autour de l’exposition ont lieu des conférences, des ateliers pour adultes, familles et enfants et des contes.

Réservation sur la billetterie en ligne de Paris Musées :

www.billetterie-parismusees.paris.fr

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