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NOTRE COUP DE COEUR...

20 ANS d'acquisitions du musée du Quai Branly Jacques Chirac

 

Exposition du 24 septembre 2019 au 26 janvier 2020

Musée du Quai Branly - Jacques Chirac

Plus d’information sur www.quaibranly.fr

20 ans. Les acquisitions du musée Quai Branly - Jacques Chirac, est une exposition remarquable, témoin de la vitalité des créations d'Afrique, d'Océanie, d'Asie et des Amériques. Depuis sa première acquisition en 1998 une statuette féminine provenant du Mexique, créée entre 600 et 200 avant J.-C., symbole iconique du musée du quai Branly, jusqu'à nos jours, vous découvrirez plus de 500 chefs-d'oeuvre des arts premiers, principalement...



DEVENIR, au Collège des Bernardins
Lundi, 28 Octobre 2019 17:50

« Il est plus beau d’éclairer que de briller seulement… // DEVENIR // » la nouvelle exposition qui se tient actuellement dans l’ancienne sacristie du Collège des Bernardins est superbe. Trois artistes, Anne Rochette, professeure des Beaux-Arts de Paris et deux de ses anciens élèves, Gwendoline Perrigueux et Cyril Zarcone, font dialoguer leurs œuvres contemporaines, créées spécialement pour cet espace grandiose et magnifique sur le thème de la transmission. Comment s’expérimente le triptyque autorité/vérité/liberté ? Quelle place prend-il dans la relation élève-professeur ? Pour le savoir, rendez vous au Collège des Bernardins avant le 14 décembre. Entrée libre !

 

 

Cette nouvelle exposition est une belle occasion de découvrir (ou, redécouvrir) un lieu époustouflant de beauté : le Collège des Bernardins. Combien en entendent parler mais n’ont jamais franchi le pas pour le découvrir ? Il est situé au cœur de Paris, un peu caché, certes, comme ce qui est à la fois grandiose et mystérieux, au 20 rue de Poissy, dans le cinquième arrondissement.

Vous y entrez et vous voici transportés dans un tourbillon à la fois mystique et merveilleux. L’émotion est à son comble. C’est un pur chef-d’œuvre de l’architecture cistercienne dont la construction a commencé en 1248. On est éblouis par le nombre incroyable de grandes colonnes et des voûtes majestueuses de la grande nef, et par la luminosité provoquée par la lumière naturelle qui entre grâce à un sérieux aménagement contemporain qui débuta en 2002 pour se terminer fin 2008.

Le Collège des Bernardins est unique. Il est en effet le seul bâtiment historique qui reçoit du public au travers de nombreux programmes de formation, de recherche, de rencontres et débats, d’art et de culture, de ressources et de publications, de séminaires théologiques, tous très riches, variés et souvent novateurs.


Depuis le 9 octobre dernier, et jusqu’au 14 décembre 2019, le Collège des Bernardins, en partenariat avec les Beaux-Arts de Paris, présente une exposition remarquable au cœur de l’ancienne sacristie :

« Il est plus beau d’éclairer que de briller seulement… // DEVENIR //. »

Cette exposition, sous le commissariat de Sophie Monjaret, propose de questionner les traces imperceptibles, voire invisibles, de la notion de transmission, envisagée comme une traversée, un passage, un apprentissage. On assiste à une frontalité entre trois artistes dans un équilibre des différences, toutes en résonnance.

Sophie Monjaret précise que « L’enjeu est de questionner les traces imperceptibles des liens formels et immatériels que crée ce rapport d’apprentissage, le travail de la pensée étant aussi précieux que celui de la main. Pour observer cette empreinte, j’ai choisi de réunir dans une même exposition, Anne Rochette, professeure des Beaux-Arts de Paris et deux de ses anciens étudiants, Gwendoline Perrigueux et Cyril Zarcone, lui-même professeur aujourd’hui. »


// DEVENIR // artiste, est un apprentissage de tous les jours.

Cette exposition est une triangularité entre trois projets artistiques qui dialoguent les uns avec les autres, au gré des regards que nous leur portons.

La notion de l’espace et du volume est le dénominateur commun des trois artistes. Aussi, tous les trois créent des œuvres contemporaines. Il leur a fallu beaucoup d’imagination et d’intuition pour envisager un tel espace et relever un tel défi, la hauteur sous plafond de l’ancienne sacristie est si prodigieuse !

Anne Rochette, Gwendoline Perrigueux et Cyril Zarcone s’expriment avec des sculptures en hauteur, au sol, verticales, horizontales, en spirale aussi. Ils utilisent tous des matériaux différents : céramique, métal, faïence, bois, plâtre mélangé à de la poudre de marbre, acier thermo laqué, cordon de néoprène, grés, tapis, cuir, velours, pierre, …


 

Anne Rochette est responsable d’un atelier de sculpture aux Beaux-Arts de Paris depuis 1993. Pour Anne, l’art doit être pensé en termes de confiance, qui permet le doute, de critique, de questionnement et surtout, de liberté. Elle nous dit : « On est souvent en retrait de sa propre liberté et je tente de donner à l’élève les moyens de construire la sienne. »

Dans son travail d’artiste, qu’elle aime à dissocier de celui de professeure, elle façonne des sculptures incarnées, hantées d’une énergie organique où le corps, représenté ou non, est omniprésent. Elle travaille la matière à travers des savoirs traditionnels tels que le modelage, le moulage ou la céramique, hybridés de techniques domestiques ou artisanales, telles que la couture, le tricot, la menuiserie et le bricolage.


Gwendoline Perrigueux joue sur les contrastes. Elle imbrique des matériaux étrangers, des matières qui ne s’étaient encore jamais rencontrées et invente des formes capables d’accueillir – de recueillir – tout entière la densité de l’élément nouveau. De chaque objet se dégage l’impression d’une découpe chirurgicale, d’une dissection parfaite des matériaux mis en scène. C’est en regardant de plus près que l’organique se rappelle à nous, que le corps, le nôtre ou celui d’autrui, se dessine en creux. En ce qui concerne la transmission, Gwendoline pense qu’elle se fait de maître à élève, d’élève à maître et aussi, d’élèves à élèves.

Pour elle, cette exposition à trois, en triptyque, est « comme une discussion, une façon de continuer à se rencontrer et de partager cette aventure avec le public. »


Cyril Zarcone se concentre actuellement sur les éléments de décoration qui intègrent les façades, sur les habillages extérieurs et leur fabrication, en réutilisant des objets d’inspiration romantique ou « à l’antique », produits de façon industrielle. En revisitant ces formes, en les reproduisant avec des techniques de moulage et en les agençant pour créer et pour construire de nouvelles formes sculpturales. Cyril appréhende d’une manière inédite la création sérielle et décorative.


Au cœur de l’ancienne sacristie, Anne a posé une estrade en bois, recouverte d’un carrelage, sur laquelle elle a placé de grands personnages très imposants en céramique. On pense qu’elle a fait le choix de les surélever pour donner un peu de légèreté. Leurs formes sont élancées. Au sol, sur des tapis ronds, reposent des personnages plus petits aux formes symboliques et mystérieuses. Ils ressemblent à des lutins espiègles mais, à chacun son interprétation…

 

Gwendoline, en quête de légèreté, a choisi de suspendre au plus haut ses sculptures immédiatement sous les voûtes. Elles sont faites de tôles de métal, minces comme des feuilles de papier, courbées par de légères pressions. Ces formes organiques et minérales, liées entre elles, sont en tension avec l’architecture, recouvrent virtuellement les créations situées au sol et s’étendent dans les hauteurs comme une constellation, colorée. D’ailleurs, les couleurs résonnent avec celles des œuvres qui se situent juste en dessous. Le dialogue paraît constant sous la voûte ‘étôlée’…


Cyril a construit une grande tour à partir d’une colonne de jardin afin de lui redonner une place. Il se demandait comment traiter cette colonne qui pour lui, frôle le kitsch… L’idée fut d’en réaliser une nouvelle construction. Cyril a fait le moule de cette colonne de jardin. Puis, en a reproduit un certain nombre pour créer une sculpture verticale autour d’une spirale en métal. La forme et la spirale sont là pour trianguler car elle sera exposée plus tard à l’extérieur, dans un parc ou un jardin.

« Pour créer cette œuvre, j’ai pensé à la tour de Pise, mais je ne voulais pas qu’elle penche. Je l’ai souhaitée en harmonie avec les colonnes de la sacristie. » confit-il, le jour du vernissage presse.

Ce qui transparait ici c’est la blancheur des colonnes, en poudre de marbre ; la tour ajourée, légère et à la fois construite, la notion d’équilibre intervient, celle de l’assemblage en résonnance avec les autres œuvres, éléments construits.

Les artistes se sont coordonnés mais ne se sont rien imposés. Ils se connaissent depuis uns dizaine d’années. À présent, lui-même est professeur à l’école des Beaux-Arts de Tours. « Il n’y a plus de rapport prof/étudiant, « un travail réussi d’un professeur c’est qu’à la sortie de l’école, il se trouve sur un pied d’égalité avec son élève ».

Qu’il soit professeur ou élève, une chose est certaine, l’apprentissage dure toute une vie.

 

Jérôme Alexandre, théologien, professeur au Collège des Bernardins, nous dit : « Dans l’art, comme dans la foi, on ne sait pas ce qu’on transmet, et peut-être qu’on ne transmet rien. On suscite, on secoue, on donne envie, on communique la fièvre qui ne fait jamais les mêmes ravages chez chacun, c’est tout. »

Cette superbe exposition révèle trois univers bien différents qui pourtant ont une quête commune, l’équilibre et la légèreté. Ne serait-pas là notre quête à tous ?

Florence Courthial

 


« Il est plus beau d’éclairer que de briller seulement… // DEVENIR //

Exposition du 9 octobre au 14 décembre 2019

Au Collège des Bernardins

Entrée libre

 

 

Le mercredi 6 novembre à 19h, se tiendra une rencontre sur la transmission, lieu de passage. Maître et élève, qui nourrit qui ?

Gratuit avec une inscription obligatoire sur le site.


Le Collège des Bernardins

Rassembler les forces inventives de l’âme, de l’esprit et du cœur pour poser sur le monde un regard unifié, chercher le sens et ouvrir des voies d’espérance au cœur des grands enjeux contemporains : telles sont les ambitions du Collège des Bernardins.

Espace de liberté, projet à vocation universelle où chacun est invité à se fortifier pour construire un avenir respectueux de l’homme, le Collège des Bernardins conjugue assise théologique et ouverture sur le monde.

20 rue de Poissy, 75005 Paris

Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h, fermé le dimanche et les jours fériés.

Tél. 01 53 10 74 44

www.collegedesbernardins.fr

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