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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



25ème commémoration du génocide des Tutsi
Lundi, 01 Juillet 2019 14:48

La « 25ème commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda », est présentée avec une double exposition organisée par le Mémorial de la Shoah, à Paris et à Drancy, jusqu’au 17 novembre 2019. Les espaces d’exposition sont ouverts pour montrer le travail de reconnaissance et de mémoire du génocide rwandais qui s’est déroulé le 7 avril jusqu’au milieu du mois de juillet 1994. Plus d’un million de personnes sont mortes assassinées. Les trois quarts de la population Tutsi ont péri. Cette double exposition est une opportunité unique pour en comprendre les origines, les conséquences et surtout, pour apporter un soutien à ceux qui en furent les victimes et à leurs familles. Un devoir de mémoire émouvant et incontournable !

 

Le parcours au sein du Mémorial de la Shoah à Paris commence avec les dessins des enfants Tutsi qui présentent leur vision du génocide suivi par un parcours didactique qui permet au visiteur de comprendre la généalogie idéologique, politique et militaire du génocide rwandais.

La première confrontation est celle du regard des enfants. Les récits scripturaires et graphiques montrent la brutalité inouïe à laquelle ils furent confrontés. Nous devons nous aussi faire face à cette violence et à la dureté de l’événement par le récit et les images pour ensuite pouvoir en comprendre les origines.

Trois espaces distincts ont été mis en place. Le premier révèle un récit basé sur les images avec la structuration du racisme anti Tutsi. On découvre une histoire complexe. Les racines idéologiques de ce génocide puisent dans l’univers mental européen du XIXe siècle obsédé par les classifications par race. On peut y faire un rapprochement entre le racisme anti Tutsi et l’antisémitisme. Toute l’Europe est représentée sur un mur d’exposition qui montre l’unité de la pensée raciale européenne. On a stéréotypé les races Tutsi. Très souvent ils sont représentés en contreplongée pour montrer la finesse de leurs traits. Cette histoire raciale est d’une puissance très importante. Un film de 30’ de 1959 montre l’arrivée des trois « races » rwandaises. Il y a une véritable mise en scène qui montre bien l’idéologie hamitique. Le visiteur découvre ici que la mythologie raciale a été imprimée dans les esprits depuis longtemps. Le racisme colonial vient donc « justifier » les massacres et l’élite Hutu présente les Tutsi comme des envahisseurs.

Des documents uniques témoignent du racisme social des Hutu envers les Tutsi depuis 1959. Le télégramme envoyé par Grégoire Kayibanda en novembre 1959 au Conseil de tutelle de l’ONU, au Roi Baudoin, au Parlement belge et à l’agence Belga au nom du Parti du mouvement de l’émancipation des Hutu (Parmehutu), est exposé et le visiteur le lit avec stupeur.

Jamais appliquée car irréalisable, la partition raciale du pays envisagée avec le plus grand sérieux par le futur président du Rwanda entérine une logique d’épuration ethnique à l’œuvre dans les pogroms de novembre 1959 ; Les milliers de Tutsi chassés de leurs terres du Nord-Ouest du pays dans la plus grande violence connurent un exil intérieur vers une région hostile, le Bugesera, située à l’Est.

Les cartes d’identité avec les mentions ethniques telles que Hutu, Tutsi, Twa, Naturalisé qui existaient jusqu’au génocide sont présentées. Aujourd’hui, c’est absolument interdit de préciser les origines de ces ethnies sur les documents officiels.

La préparation du génocide de 1994 date de la première offensive du Front Patriotique rwandais (FPR) le 1er octobre 1990, avec des arrestations massives et des massacres des populations tutsi ainsi que des opposants politiques.

Nous découvrons des documents originaux jamais montrés au public jusqu’à présent. Les tueurs arrivent en dansant et en chantant avant de procéder aux massacres en masse des Tutsi. Leurs habitations furent incendiées, le bétail abattu et dévoré, les femmes et les fillettes furent violées puis assassinées, par armes à feu ou armes blanches. Les mises à mort ont été perpétrées avec une cruauté hallucinante et impensable !

Les Hutu voulaient exterminer les Tutsi. L’exposition permet de comprendre que ce fut un génocide, préparé bien en amont, et non une guerre comme certains le pensent encore.

 

Au Mémorial de la Shoah de Drancy, le visiteur entre dans la matérialité des massacres et approche l’événement par une narration centrée sur les objets, les archives sonores, vidéo ou écrites, suivant un parcours en trois parties : Comprendre l'évènement; Entrer dans l'évènement et enfin, Vivre avec l'évènement : l'après-coup.

Ici, c’est un parcours pédagogique pour comprendre simplement l’événement. On se concentre sur les années préparatoires du génocide. Les grandes photos montrent la présence des corps. Les églises ont été des épicentres des tueries car il y a eu des massacres intra religieux. Des catholiques ont assassinés d’autres catholiques dont des prêtres. Avec ces photos, ont peut observer les traces de sang sur le linge d’autel d’une église. Ce massacre date du 11 avril 1994.

Si vous allez au Rwanda, dans les Mémoriaux, vous pourrez découvrir les vêtements et objets du quotidien des Tutsi assassinés, témoins matériels souillés du génocide. Ici, vous en découvrez quelques pièces.

La scission des parties politiques est clairement présentée à Drancy avec des cartes et des documents d’archives. Aussi, des cartes sont exposées pour montrer tous les lieux des tueries. Les tueurs ont privilégié toutes les armes possibles, à feu et artisanales. Il y a eu un grand programme de commande d’armes pour les distribuer à la population Hutu. Il y a eu aussi beaucoup d’enfants Hutu tueurs de Tutsi.

Les rescapés eux-mêmes, vont recueillir des témoignages et vont les raconter quartier par quartier et de ville en ville. Ces chanteurs sont convoqués par les Mémoriaux rwandais.

À ce jour, plus de 800.000 Hutu ont été condamnés pour ce génocide.

Les peines furent d’abord la peine de mort que seuls 18 assassins ont subi car elle fut abolie en 2007. Donc, les autres assassins furent condamnés à la réclusion à perpétuité ou à exécuter des travaux d’intérêt général. 120.000 personnes se sont retrouvées dans les geôles rwandaises.

Pour conclure, l’après-génocide (les mouvements de population, la justice avec des images des tribunaux Gacaca et du Tribunal pénal international pour le Rwanda) et la mémoire (par le biais des chants de commémoration), l’exposition dévoile une série de témoignages de survivants et de sauveteurs et un espace sur les idées reçues.

Le 7 avril 1994, lorsque débute l’extermination des Tutsi, les tueurs ont mobilisé toutes les ressources matérielles et humaine d’un état pour la mise à mort de masse des Tutsi : sur les collines et dans les quartiers, partout, ils s’adonnèrent à la traque et à l’assassinat de leurs voisins. L’ampleur et la cruauté de ce génocide constituent un défit moral et intellectuel.

Une double exposition pour un double génocide, poignante et inoubliable…


25ème commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda

Double exposition organisée par le Mémorial de la Shoah à Paris et à Drancy


Commissariat scientifique : Hélène Dumas, Chargée de recherche au CNRS, Institut d’Histoire du temps présent (IHTP)

Nous remercions vivement Hélène Dumas pour son accueil et son professionalisme.

 

Mémorial de la Shoah, Paris

17 rue Geoffroy-l’Asnier, 75004

Tél : 01 42 77 44 72

Ouverture de 10h à 18h tous les jours sauf le samedi.

Nocturne jusqu’à 22h le jeudi.

Entrée libre et gratuite.


Mémorial de la Shoah, Drancy

110-112 avenue Jean-Jaurès

93700 Drancy

Tél : 01 42 77 44 72

Ouverture de 10h à 18h tous les jours sauf le samedi.

Entrée libre et gratuite.

www.memorialdelashoah.org


Un rempart contre l’oubli, pour éduquer contre la haine de l’autre et contre l’intolérance.

Le Mémorial représente un lieu unique de diffusion du savoir auprès d’un large public. Exigence intellectuelle et rigueur historique se sont toujours conjuguées au respect du deuil des survivants et à la mémoire des disparus.

Florence Courthial

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