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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



La Fondation Custodia accueille Pouchkine
Samedi, 02 FĂ©vrier 2019 20:34

La Fondation Custodia a pour mission, depuis les années 50, de permettre au public de découvrir des œuvres d’art, principalement sur papier, rarement exposées. Organisée avec le musée moscovite Pouchkine, l’exposition « Le Musée Pouchkine, Cinq cents ans de dessins de maîtres », vient d’ouvrir ses portes jusqu’au 12 mai 2019. Cette première grande rétrospective des œuvres graphiques du musée Pouchkine en France couvre les écoles européennes et russes, du XVe au XXe siècle. Elle commence avec les artistes du Moyen-Âge tardif comme Martin Schongauer et Albrecht Dürer et se termine avec les protagonistes de l’art moderne comme Pablo Picasso, Henri Matisse et leurs contemporains allemands, italiens et russes.  Superbe !

 

 

Le Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine possède une importante collection d’art graphique et de peintures. Il compte plus de 350.000 gravures d’écoles et d’époques différentes dont 27.000 dessins d’artistes européens et russes du XVe à aujourd’hui.

Une sélection de deux cents dessins majeurs du patrimoine du musée Pouchkine a été prêtée à la Fondation Custodia. Elle est exposée dans plusieurs salles de la Fondation dans une très belle scénographie chronologique s’étendant sur cinq siècles, visible et admirée depuis ce samedi 2 février et jusqu’au 12 mai 2019.

« Les dessins du Musée Pouchkine sont mondialement connus mais n’ont, pour certains, jamais été montrés en Europe, et je suis heureux d’accueillir ces trésors. » précise Ger Luijten, directeur de la Fondation Custodia.

Renaissances allemande et italienne

Les visiteurs se promènent au cœur d’un ensemble historique de l’art du dessin en Europe avec des feuilles allemandes de la fin du Moyen-Âge dont une Tête de Sibylle tracée à la plume et encre brune par un artiste anonyme que des experts imaginent originaire du Haut-Rhin. On s’attarde longuement devant l’œuvre de jeunesse de Dürer : « Putti danseurs et musiciens avec un trophée antique », monogrammé et daté en bas au milieu à la plume et encre noire : AD 1495, dans laquelle une grande légèreté règne en maître alors que les « bambins » dessinés sont bien grassouillets. La finesse des traits est pourtant très impressionnante. Les proportions semblent parfaites.

Plus loin, des dessins de maîtres italiens : on est subjugués par l’élégance de l’œuvre Études de têtes de Francesco Mazzola, dit Parmigianino, entre 1525 et 1527. Vierge à l’enfant dans les nuées est tout aussi superbe…

 

Poussin, Rembrandt et Rubens, le XVIIe siècle

Avec le dessin « Deux voyageurs marchant dans une forêt » de Herman Saftleven, dit Le Jeune, c’est un peu l’esprit néerlandais du XVIIe siècle que l’on peut ressentir. Cet artiste prolifique a réalisé plus de mille cinq cents feuilles dont une véritable chronique en image de plus de cinquante ans sur la vie et sur la ville d’Utrecht où il vécut. Ses dessins décrivent parfaitement des quartiers, des bâtiments, des églises, …

Parmi les dessins français de cette période, trois feuilles de Nicolas Poussin sont exposées : Cérès cherchant Proserpine, vers 1648 ; Zénobie trouvée sur les bords de l’Araxe et Allégorie de l’Histoire et de la Gloire.

Avec le dessin préparatoire Zénobie trouvée sur les bords de l’Araxe, Poussin, sensible aux idées du néo-stoïcisme, trouva dans ce récit un exemple remarquable des revers du destin et de la force de la providence. On identifie aujourd’hui six dessins de Poussin liés à l’histoire de Zénobie. Le contraste entre l’ombre et la lumière obtenu grâce aux larges aplats de lavis d’encre brune, conforte un rapprochement avec la sculpture.

 

Une grande place est donnée aux dessins hollandais du siècle d’or, parmi lesquels des paysages de Jan van Goyen, Allaert van Everdingen, Nicolas Berchem, ainsi que des études de figures.

 

Les dessins de Rembrandt étaient souvent de rapides croquis sur le vif lors de ses promenades. Sa manière de dessiner faisait écho à sa personnalité spontanée et impulsive ; on le ressent jusque dans l’écriture de ses feuilles, nerveuse et cursive, tendant vers la calligraphie. L’Étude d’une femme tenant un enfant dans les bras montre bien son style. L’artiste cerne les figures de contours rapides et ne rend que l’essentiel grâce à quelques lignes entrecoupées ou droites, quelques hachures, tout en parvenant à dégager la tendre relation émotionnelle entre une mère et son enfant.

 

Avec Rubens, on a la joie de découvrir que la statuaire antique peut ne pas être statique mais bien animée de vie. Le Centaure vaincu par l’Amour en est un très bel exemple.

Vous découvrirez aussi Le siècle des lumières (XVIIIème) avec des dessins d’Antoine Watteau, de François Boucher, de Pierre-Antoine Baudouin, de Jean-Honoré Fragonard (avec, entre autres, un dessin étonnant et exceptionnel : L’Attaque).

 

 

 

Une superbe Étude pour la figure d’Hersilie (épouse de Romulus) nous interpelle. On passe un long moment à en suivre les traits et les contours, les ombres et les blancs du drapé à la pierre noire. Ce dessin est époustouflant de technicité et de qualité, et le visage est d’une grande beauté ! Le visiteur comprend bien ici à quel point les artistes de cette époque cherchaient à imiter les anciens dans la pureté de leur dessin.

 


On admire les esquisses de Giovanni Battista Tiepolo et aussi le dessin de Francesco Fontebasso : Melchisédech offrant le pain et le vin à Abraham.

Le Romantisme allemand

Le dessin Deux hommes au bord de la mer de Caspar David Friedrich avec son caractère contemplatif est caractéristique de l’art romantique. De son vivant, l’artiste jouissait d’une grande notoriété en Russie. Pourtant, Friedrich mourut en 1840 dans la pauvreté absolue et dans une grande solitude.

La Tête d’homme de Adolph von Menzel nous surprend : un profil vu du dessous. Une vive lumière, une spontanéité des coups de crayon noir et une énergie incroyable s’en dégagent.

On est émus par le Paysan avec une botte (Dans les dunes) de Max Liebermann, surpris par le Ruisseau de Corot, éblouis par le Portrait d’une jeune femme (La Mousmé) de Vincent van Gogh.


Subjugués par les dessins de Edgar Degas, Maurice Denis, Gustave Moreau (La Nuit. Projet d’émail : splendide), Odilon Redon, … on descend au sous-sol pour admirer les dessins de Georges Rouault, André Lhote, Paul Signac, Henri Matisse, Pablo Picasso, Juan Gris, Fernand Léger, Robert Delaunay, Max Pechstein, Franz Marc, Nolde, Paul Klee, Amedeo Modigliani, Zinaïda Serebriakova, Boris Grigoriev, Natalia Gontcharova (avec un très beau Paysage d’automne), Kasimir Malevitch avec ses Enfants dans un pré, Marc Chagall, Vassily Kandinsky et tant d’autres artistes illustres du XXe siècle, connus surtout pour leurs peintures.

 

À votre avis, qui a dessiné, en 1905, la « Tête de vieillard à la tiare » à la plume et encre noire, aquarelle sur papier gris-beige ?

 

 

 

Pour connaître la réponse à cette question difficile, offrez-vous la joie et le plaisir de prendre le temps de visiter la Fondation Custodia à Paris.

 

Comme dit Ger Luijten, avec beaucoup d’enthousiasme lors du vernissage presse : « C’est une aventure visuelle de se promener dans les salles d’exposition, parfois très intimes. C’est comme si vous étiez dans vingt expositions différentes. Tout d’un coup, vous êtes entourés de dessins de Tiepolo et ses successeurs à Venise, vous vous tournez et vous êtes au XIXe siècle avec Van Gogh, vous descendez au sous-sol, et là vous voyez des Kandinsky, puis un petit cabinet avec des Picasso et plus loin, un espace dédié aux dessins de Matisse. »


Si vous vous procurez le catalogue de l’exposition, vous aurez l’impression de repartir avec l’hôtel particulier et ses collections en… modèle réduit… Épatant ! Tout comme l’exposition, il est magnifique et passionnant. Un cadeau luxueux à s’offrir et à offrir.

Cette exposition est un merveilleux voyage dans cinq siècles d’histoire de l’art. À vivre et à revivre intensément sans modération !

Florence Courthial


Le Musée Pouchkine, Cinq cents ans de dessins de maîtres

Exposition jusqu’au 12 mai 2019


Fondation Custodia

121, rue de Lille – 75007 Paris

TĂ©l. +33(0)1 47 05 75 19

www.fondationcustodia.fr

 

 

Ouverte tous les jours sauf le lundi, de 12h Ă  18h.

Commissaires de l’exposition : Ger Luijten et Vitaly Mishin

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L'affiche de l'exposition est le "Portrait de Lydia Delectorskaya" dessiné par Matisse en 1945, fusain et estompe, 527 x 405 mm. ©Succession H. Matisse.

Sur la première de couverture du catalogue de l'exposition c'est le Portrait d'une jeune femme (La Mousmé), 1888 de Vincent van Gogh, plume métallique, plume et roseau et encre noire sur un tracé au graphite, 325 x 245 mm.

Toutes les oeuvres présentées dans cet article sont la propriété du musée d'État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou.