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NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

MusĂ©e d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le MusĂ©e d’Art moderne de la ville de Paris prĂ©sente la premiĂšre grande exposition consacrĂ©e depuis quinze ans Ă  l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, 
 Si son Ɠuvre est aujourd’hui cĂ©lĂšbre, les occasions d’en percevoir la complexitĂ© sont encore trop rares



La Fondation Custodia accueille Pouchkine
Samedi, 02 FĂ©vrier 2019 20:34

La Fondation Custodia a pour mission, depuis les annĂ©es 50, de permettre au public de dĂ©couvrir des Ɠuvres d’art, principalement sur papier, rarement exposĂ©es. OrganisĂ©e avec le musĂ©e moscovite Pouchkine, l’exposition « Le MusĂ©e Pouchkine, Cinq cents ans de dessins de maĂźtres », vient d’ouvrir ses portes jusqu’au 12 mai 2019. Cette premiĂšre grande rĂ©trospective des Ɠuvres graphiques du musĂ©e Pouchkine en France couvre les Ă©coles europĂ©ennes et russes, du XVe au XXe siĂšcle. Elle commence avec les artistes du Moyen-Âge tardif comme Martin Schongauer et Albrecht DĂŒrer et se termine avec les protagonistes de l’art moderne comme Pablo Picasso, Henri Matisse et leurs contemporains allemands, italiens et russes.  Superbe !

 

 

Le MusĂ©e d’État des Beaux-Arts Pouchkine possĂšde une importante collection d’art graphique et de peintures. Il compte plus de 350.000 gravures d’écoles et d’époques diffĂ©rentes dont 27.000 dessins d’artistes europĂ©ens et russes du XVe Ă  aujourd’hui.

Une sĂ©lection de deux cents dessins majeurs du patrimoine du musĂ©e Pouchkine a Ă©tĂ© prĂȘtĂ©e Ă  la Fondation Custodia. Elle est exposĂ©e dans plusieurs salles de la Fondation dans une trĂšs belle scĂ©nographie chronologique s’étendant sur cinq siĂšcles, visible et admirĂ©e depuis ce samedi 2 fĂ©vrier et jusqu’au 12 mai 2019.

« Les dessins du MusĂ©e Pouchkine sont mondialement connus mais n’ont, pour certains, jamais Ă©tĂ© montrĂ©s en Europe, et je suis heureux d’accueillir ces trĂ©sors. » prĂ©cise Ger Luijten, directeur de la Fondation Custodia.

Renaissances allemande et italienne

Les visiteurs se promĂšnent au cƓur d’un ensemble historique de l’art du dessin en Europe avec des feuilles allemandes de la fin du Moyen-Âge dont une TĂȘte de Sibylle tracĂ©e Ă  la plume et encre brune par un artiste anonyme que des experts imaginent originaire du Haut-Rhin. On s’attarde longuement devant l’Ɠuvre de jeunesse de DĂŒrer : « Putti danseurs et musiciens avec un trophĂ©e antique », monogrammĂ© et datĂ© en bas au milieu Ă  la plume et encre noire : AD 1495, dans laquelle une grande lĂ©gĂšretĂ© rĂšgne en maĂźtre alors que les « bambins » dessinĂ©s sont bien grassouillets. La finesse des traits est pourtant trĂšs impressionnante. Les proportions semblent parfaites.

Plus loin, des dessins de maĂźtres italiens : on est subjuguĂ©s par l’élĂ©gance de l’Ɠuvre Études de tĂȘtes de Francesco Mazzola, dit Parmigianino, entre 1525 et 1527. Vierge Ă  l’enfant dans les nuĂ©es est tout aussi superbe


 

Poussin, Rembrandt et Rubens, le XVIIe siĂšcle

Avec le dessin « Deux voyageurs marchant dans une forĂȘt » de Herman Saftleven, dit Le Jeune, c’est un peu l’esprit nĂ©erlandais du XVIIe siĂšcle que l’on peut ressentir. Cet artiste prolifique a rĂ©alisĂ© plus de mille cinq cents feuilles dont une vĂ©ritable chronique en image de plus de cinquante ans sur la vie et sur la ville d’Utrecht oĂč il vĂ©cut. Ses dessins dĂ©crivent parfaitement des quartiers, des bĂątiments, des Ă©glises, 


Parmi les dessins français de cette pĂ©riode, trois feuilles de Nicolas Poussin sont exposĂ©es : CĂ©rĂšs cherchant Proserpine, vers 1648 ; ZĂ©nobie trouvĂ©e sur les bords de l’Araxe et AllĂ©gorie de l’Histoire et de la Gloire.

Avec le dessin prĂ©paratoire ZĂ©nobie trouvĂ©e sur les bords de l’Araxe, Poussin, sensible aux idĂ©es du nĂ©o-stoĂŻcisme, trouva dans ce rĂ©cit un exemple remarquable des revers du destin et de la force de la providence. On identifie aujourd’hui six dessins de Poussin liĂ©s Ă  l’histoire de ZĂ©nobie. Le contraste entre l’ombre et la lumiĂšre obtenu grĂące aux larges aplats de lavis d’encre brune, conforte un rapprochement avec la sculpture.

 

Une grande place est donnĂ©e aux dessins hollandais du siĂšcle d’or, parmi lesquels des paysages de Jan van Goyen, Allaert van Everdingen, Nicolas Berchem, ainsi que des Ă©tudes de figures.

 

Les dessins de Rembrandt Ă©taient souvent de rapides croquis sur le vif lors de ses promenades. Sa maniĂšre de dessiner faisait Ă©cho Ă  sa personnalitĂ© spontanĂ©e et impulsive ; on le ressent jusque dans l’écriture de ses feuilles, nerveuse et cursive, tendant vers la calligraphie. L’Étude d’une femme tenant un enfant dans les bras montre bien son style. L’artiste cerne les figures de contours rapides et ne rend que l’essentiel grĂące Ă  quelques lignes entrecoupĂ©es ou droites, quelques hachures, tout en parvenant Ă  dĂ©gager la tendre relation Ă©motionnelle entre une mĂšre et son enfant.

 

Avec Rubens, on a la joie de dĂ©couvrir que la statuaire antique peut ne pas ĂȘtre statique mais bien animĂ©e de vie. Le Centaure vaincu par l’Amour en est un trĂšs bel exemple.

Vous dĂ©couvrirez aussi Le siĂšcle des lumiĂšres (XVIIIĂšme) avec des dessins d’Antoine Watteau, de François Boucher, de Pierre-Antoine Baudouin, de Jean-HonorĂ© Fragonard (avec, entre autres, un dessin Ă©tonnant et exceptionnel : L’Attaque).

 

 

 

Une superbe Étude pour la figure d’Hersilie (Ă©pouse de Romulus) nous interpelle. On passe un long moment Ă  en suivre les traits et les contours, les ombres et les blancs du drapĂ© Ă  la pierre noire. Ce dessin est Ă©poustouflant de technicitĂ© et de qualitĂ©, et le visage est d’une grande beautĂ© ! Le visiteur comprend bien ici Ă  quel point les artistes de cette Ă©poque cherchaient Ă  imiter les anciens dans la puretĂ© de leur dessin.

 


On admire les esquisses de Giovanni Battista Tiepolo et aussi le dessin de Francesco Fontebasso : Melchisédech offrant le pain et le vin à Abraham.

Le Romantisme allemand

Le dessin Deux hommes au bord de la mer de Caspar David Friedrich avec son caractĂšre contemplatif est caractĂ©ristique de l’art romantique. De son vivant, l’artiste jouissait d’une grande notoriĂ©tĂ© en Russie. Pourtant, Friedrich mourut en 1840 dans la pauvretĂ© absolue et dans une grande solitude.

La TĂȘte d’homme de Adolph von Menzel nous surprend : un profil vu du dessous. Une vive lumiĂšre, une spontanĂ©itĂ© des coups de crayon noir et une Ă©nergie incroyable s’en dĂ©gagent.

On est Ă©mus par le Paysan avec une botte (Dans les dunes) de Max Liebermann, surpris par le Ruisseau de Corot, Ă©blouis par le Portrait d’une jeune femme (La MousmĂ©) de Vincent van Gogh.


SubjuguĂ©s par les dessins de Edgar Degas, Maurice Denis, Gustave Moreau (La Nuit. Projet d’émail : splendide), Odilon Redon, 
 on descend au sous-sol pour admirer les dessins de Georges Rouault, AndrĂ© Lhote, Paul Signac, Henri Matisse, Pablo Picasso, Juan Gris, Fernand LĂ©ger, Robert Delaunay, Max Pechstein, Franz Marc, Nolde, Paul Klee, Amedeo Modigliani, ZinaĂŻda Serebriakova, Boris Grigoriev, Natalia Gontcharova (avec un trĂšs beau Paysage d’automne), Kasimir Malevitch avec ses Enfants dans un prĂ©, Marc Chagall, Vassily Kandinsky et tant d’autres artistes illustres du XXe siĂšcle, connus surtout pour leurs peintures.

 

À votre avis, qui a dessinĂ©, en 1905, la « TĂȘte de vieillard Ă  la tiare » Ă  la plume et encre noire, aquarelle sur papier gris-beige ?

 

 

 

Pour connaßtre la réponse à cette question difficile, offrez-vous la joie et le plaisir de prendre le temps de visiter la Fondation Custodia à Paris.

 

Comme dit Ger Luijten, avec beaucoup d’enthousiasme lors du vernissage presse : « C’est une aventure visuelle de se promener dans les salles d’exposition, parfois trĂšs intimes. C’est comme si vous Ă©tiez dans vingt expositions diffĂ©rentes. Tout d’un coup, vous ĂȘtes entourĂ©s de dessins de Tiepolo et ses successeurs Ă  Venise, vous vous tournez et vous ĂȘtes au XIXe siĂšcle avec Van Gogh, vous descendez au sous-sol, et lĂ  vous voyez des Kandinsky, puis un petit cabinet avec des Picasso et plus loin, un espace dĂ©diĂ© aux dessins de Matisse. »


Si vous vous procurez le catalogue de l’exposition, vous aurez l’impression de repartir avec l’hĂŽtel particulier et ses collections en
 modĂšle rĂ©duit
 Épatant ! Tout comme l’exposition, il est magnifique et passionnant. Un cadeau luxueux Ă  s’offrir et Ă  offrir.

Cette exposition est un merveilleux voyage dans cinq siĂšcles d’histoire de l’art. À vivre et Ă  revivre intensĂ©ment sans modĂ©ration !

Florence Courthial


Le Musée Pouchkine, Cinq cents ans de dessins de maßtres

Exposition jusqu’au 12 mai 2019


Fondation Custodia

121, rue de Lille – 75007 Paris

TĂ©l. +33(0)1 47 05 75 19

www.fondationcustodia.fr

 

 

Ouverte tous les jours sauf le lundi, de 12h Ă  18h.

Commissaires de l’exposition : Ger Luijten et Vitaly Mishin

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L'affiche de l'exposition est le "Portrait de Lydia Delectorskaya" dessiné par Matisse en 1945, fusain et estompe, 527 x 405 mm. ©Succession H. Matisse.

Sur la premiÚre de couverture du catalogue de l'exposition c'est le Portrait d'une jeune femme (La Mousmé), 1888 de Vincent van Gogh, plume métallique, plume et roseau et encre noire sur un tracé au graphite, 325 x 245 mm.

Toutes les oeuvres prĂ©sentĂ©es dans cet article sont la propriĂ©tĂ© du musĂ©e d'État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou.