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NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

Musée d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première grande exposition consacrée depuis quinze ans à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, … Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont encore trop rares



MIRÓ, étincelant
Jeudi, 01 Novembre 2018 17:30

Le Grand Palais présente une superbe rétrospective de plus de 150 œuvres essentielles de Joan Miró (1893-1983) qui créa et inventa pendant plus de soixante dix ans. Son travail est universel et aimé dans le monde entier, par tous les publics. Inventeur de formes uniques ayant traversé deux guerres, son œuvre entière est un hymne à la liberté, à la joie et à l’énergie vitale. Les lignes, les formes, les couleurs, les animaux, les minéraux, les végétaux, les humains, les objets et les éléments les plus infimes de la terre ou du ciel, Miró les transcende. Humour, esprit du jeu et de la provocation, poésie, … l’ont animé durant toute sa vie. Une exposition étincelante, à voir et revoir avant le 4 février 2019.


MIRÓ

« Soleil de proie prisonnier de ma tête,

Enlève la colline, enlève la forêt.

Le ciel est plus beau que jamais.

Les libellules des raisins

Lui donnent des forment précises

Que je dissipe d’un geste.

Nuages du premier jour,

Nuages insensibles et que rien n’autorise,

Leurs graines brûlent

Dans les feux de paille de mes regards.

A la fin, pour se couvrir d’une aube

Il faudra que le Ciel soit aussi pur que la nuit. »

Poème de Paul Éluard, dans L’Amour de la poésie, écrit en1929.

 

Pour nombre de regardeurs, les toiles de Joan Miró sont des poèmes, des odes à la vie, à la joie, à l’amour, à la gloire, … des nuages de bonheur, des souffles de candeur, des coups de foudre, des coups de cœur, des clins d’œil aux événements politiques et sociaux, des accroches cœur, des papillons, des planètes qui scintillent et vous invitent à les rejoindre, en un mot, des rêves.

 

Miró c’est si beau ! Miró c’est aussi envoûtant.

La création de cet artiste d’exception irrigue l’art de tout le XXe siècle, irradiant de sa puissance et de sa poésie près de sept décennies avec une générosité et une originalité inégalées. Joan Miró est célèbre pour ses toiles colorées et lumineuses. Il est un défricheur dans tous les domaines de la création artistique. Ni figuratif ni abstrait, Miró a inventé des styles en relation avec son esprit, souvent dans le moment présent. Il part toujours de la terre, de l’être vivant et de la réalité et réinvente tout avec ses propres codes et signes désormais inoubliables. Il explore l’ailleurs… On reconnaît un Miró au premier regard.

Quand il travaille, tout se métamorphose.

 

Un univers merveilleux

L’univers de Miró prend ses sources en méditerranée. Ses peintures (acrylique, aquarelle, huile, gouache ou technique mixte), dessins (crayon, encre, pastel, fusain), assemblages, pochoirs, ses sculptures (grès, céramique, terre cuite, bronze, fer), ses livres illustrés et ses poèmes se côtoient pour mettre en lumière, dans une scénographie parfaite, son itinéraire marqué par des renouvellements incessants.

Miró a eu la curiosité et la joie d’utiliser tous les matériaux possibles, faisant appel à toutes les techniques avec l’objectif de mettre son art à la portée de tous. Il veut atteindre un maximum d’intensité avec un minimum de moyens. C’est assez drôle de lire que Miró considérait son atelier comme un potager, parce que ça rend l’expo gourmande aussi, ce dont on n’a pas l’habitude dans les musées…

 

Le visiteur traverse donc avec gourmandise les périodes fauve, cubiste et détailliste, suivie de l’époque surréaliste où Miró invente un monde poétique inconnu jusqu’alors dans les arts du XXe siècle. Parfois, c’est musical…

« Il me faut un point de départ, explique Miró, ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière. Cette forme me procure une série de choses, une chose faisant naître une autre chose. Ainsi, un bout de fil peut-il me déclencher un monde. »

 

On admire ses paysages imaginaires, des peintures sur masonite qui sont ses réponses face aux horreurs de la guerre, les constellations, les céramiques, des lithographies et des sculptures. Toutes résultent de collectes d’objets à priori insignifiants, hors d’usage, du quotidien aussi que Miró transforme avec force et vigueur.

 

 

L’ensemble des sculptures colorées est à la fois humoristique, ludique et poétique. On va de coup de cœur en coup de cœur.

Plus on avance le long du parcours, plus les toiles de l’artiste grandissent. Et lorsque le visiteur se retrouve face aux œuvres monumentales créées en 1961 dans le grand atelier de Palma de Majorque, il marque un temps d’arrêt, subjugué par une beauté saisissante.

 

 

 

BLEU I, BLEU II et BLEU III, à chacun de vibrer et d’admirer avec son propre regard et ses propres mots. Ce qui est certain, c’est que ces œuvres là nous touchent profondément et que nous sommes en état de méditation devant elles, devant un bleu flamboyant, qui nous rend heureux et pour certains extatiques.

Dans la dernière partie de sa vie, Miró joue les touches à tout et s’engage totalement avec son corps pour peindre, avec les doigts, avec ses poings et marche même sur les toiles. Son instinct et sa puissance primitive l’accaparent. Il utilisera les quatre éléments, eau, terre, feu et air, pour métamorphoser encore et encore ses nouvelles créations.

L’œuvre ultime, le triptyque L’espoir du condamné à mort I, II, III, créé en 1974, acrylique sur toile, en est l’apothéose. « Il détermine un espace religieux, de méditation, de solitude, de silence. C’est une chapelle, aux deux sens du mot (…) je l’ai terminé, sans le savoir, le jour même où ils ont garrotté ce pauvre jeune nationaliste catalan. »

 

 

Cette exposition est absolument magnifique. Elle nous transporte du microcosme au macrocosme et inversement. Elle est un arc-en-ciel qui nous relie avec l’invisible. Elle est un feu d’artifices intemporel. Elle a la couleur de nos rêves et la beauté de l’espoir !

Florence Courthial

 

 

 

MIRÓ

Exposition jusqu’au 4 février 2019

Grand Palais, galeries nationales

Entrée Square Jean Perrin

Ouverture : lundi, jeudi et dimanche de 10h à 20h

Mercredi, vendredi et samedi de 10h à 22h

Fermeture hebdomadaire le mardi.


Pendant les vacances de Toussaint et de Noël : ouvert tous les jours (sauf mardi) de 10h à 22h du samedi 20 octobre au samedi 3 novembre inclus et du samedi 22 décembre au samedi 5 janvier inclus.

Fermeture à 18h les 24 et 31 décembre et le mardi.

Informations et réservations :

www.grandpalais.fr

ou par téléphone : 01 44 13 17 17

≠ExpoMiro

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