logotype

NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

Musée d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

Plus d’information sur

Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première grande exposition consacrée depuis quinze ans à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, … Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont encore trop rares



Giacometti. Entre tradition et avant-garde
Mercredi, 17 Octobre 2018 19:22

Les œuvres de Alberto Giacometti dialoguent avec celles des grands sculpteurs classiques et modernes de son époque au Musée Maillol, ses maîtres, ses amis, ses relations. L’exposition « Giacometti. Entre tradition et avant-garde » présente l’évolution du travail de l’artiste au gré de ses rencontres et propose des comparaisons éclairantes avec plusieurs artistes tels que Bourdelle, Brancusi, Csaky, Despiau, Laurens, Lipchitz, Maillol, Richier et Rodin. Jusqu'au 20 janvier 2019. Magnifique et passionnant !

 


 

Avec ses créations, Giacometti cherche à concilier la plus grande contemporanéité grâce au regard qu’il porte à toutes les vies qui l’entourent, sa famille, ses amis, ses relations, les personnes qu’il rencontre dans la rue, … Il s’engage dans la représentation en se posant toujours des questions sur les figures et les structures.

Un seul motif le motive durant toute sa vie, les corps humains. L’humanité est centrale dans son travail.

Il représente des figures avec ou sans tête, avec la tête, le corps et les pieds ; La femme ou l’homme qui marche, la femme ou l’homme Immobile, aussi, avec ou sans tête.

Il aime créer des personnes en mouvement, quand elles marchent, quand elles se déplacent, ou quand elles esquissent un simple geste. Il s’est concentré sur très peu de modèles familiers : d’abord son frère Diego, puis sa femme Annette, plus tard, Simone de Beauvoir, la comtesse de Noailles, … C’est à la fin de sa vie qu’il a de nouveaux modèles.

Giacometti découvre chaque jour quelque chose de nouveau en regardant son modèle. D’ailleurs, il dit un jour : « La grande aventure, c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu, chaque jour, dans le même visage. C’est plus grand que tous les voyages autour du monde. »

Quotidiennement, il retourne sur sa terre ou son plâtre et recommence. C’est très contemporain comme façon d’être. Depuis toujours la question de la sculpture est « comment représenter l’humain ? »

Giacometti cherche à partir du canon académique comment il peut représenter sa vision subjective du monde. Les effets de perspectives, les déformations, les anamorphoses. Les hommes qu’il représente peuvent être faibles, malades, il ne cherche pas des héros. Il veut montrer la réalité avec son propre regard et ses émotions.

Le parcours de l’exposition est enrichi d’une sélection d’arts graphiques et de documents d’archives. Les thèmes présentés sont : Langage et tradition ; rencontre des avant-gardes ; aux sources de l’art ; les têtes ; les groupes de figures ; d’après l’Antique ; l’atelier ; les figures féminines : Giacometti, Richier, Zadkine, Bourdelle, Maillol et enfin, le célèbre Homme qui marche.

Tout au long de la visite, on découvre de nombreux plâtres, rarement ou jamais montrés. Giacometti aimait beaucoup le plâtre comme matériau, sa couleur blanche, sa fragilité, il le retravaille avec un canif. Ses plâtres sont extraordinairement touchants, révélant des caractères fragiles, esquissés et parfois torturés. Il aime valoriser le doute, l’échec, et n’a jamais fini d’explorer une tête ou un corps.

Giacometti est un explorateur, un être émerveillé.

Il traduit son émerveillement par la sculpture, par la répétition, et revient toujours sur ses sculptures parce qu’il a capté une nouvelle émotion ou simplement par soucis de perfectionnement.

« Copier, pour mieux voir. »

Il copie beaucoup les autres artistes, il copie Rodin, l’Antique aussi, avec ses dessins. Il ne copie jamais une sculpture mais il s’en inspire.

Giacometti pense que le dessin est pour le sculpteur la manière de comprendre la sculpture.

Il entretient des relations avec les autres sculpteurs et regarde ce qu’ils font. Et c’est bien là l’objectif de cette exposition : la mise en dialogue des œuvres de Giacometti avec celles des artistes qu’il a côtoyés. Toute sa vie les artistes qu’il fréquente ont des styles totalement différents du sien. Lui, veut rester un artiste libre. En effet, il n’appartient à aucun mouvement, il n’a aucun préjugé, ce qui lui a coûté beaucoup car du jour au lendemain il a perdu ses collectionneurs et a traversé de grands moments de solitude et de pauvreté.

Un film montre, au sein de l’exposition, l’artiste au travail, hésitant, toujours en recherche. C’est très émouvant et instructif.

Giacometti est un expérimentateur, un artiste constamment en recherche et c’est aussi ce que le musée Maillol veut montrer dans l’exposition.

Il est par ailleurs très cultivé ce que le visiteur peut découvrir ici. L’artiste combine sa culture et son regard prosaïque. Un lien entre deux réalités, ce qui le rend proche des contemporains et des jeunes artistes d’aujourd’hui, car c’est un art qui cherche à faire vibrer, à avoir des émotions très directes, on a une relation simple et pure face à des œuvres pourtant issues d’un travail de recherche important. Il s’intéresse aussi à la dimension de ses figures, qu’il allonge et agrandit de plus en plus au fil du temps.

Giacometti a été très ami avec Ossip Zadkine, Henri Laurens, Jacques Lipchitz, Germaine Richier (il était avec elle dans l’atelier Bourdelle dont il a été l’élève). Il a gardé des relations toute sa vie avec eux.

Il crée une forme par le volume, d’où quelques figures plates, inspirées des Cyclades ou des arts primitifs. Il aime aussi beaucoup faire des sculptures avec des structures très différentes. Giacometti s’intéresse à l’archaïsme et sculpte parfois jusqu’à l’abstraction, comme avec sa Femme (plate V), vers 1929, en plâtre, Fondation Giacometti. À côté de son travail d’après modèle, l’artiste réalise de nombreuses figures de mémoire, dans lesquelles il radicalise sa démarche d’aplatissement des têtes. Il réduit jusqu’à obtenir une plaque, une stèle massive, l’anatomie féminine se voit réduite à quelques traits gravés dans le plâtre, associés à un jeu subtil de formes concaves et convexes. Comme Cocteau l’écrit en 1929, « cette sculpture est à la fois solide et légère, telle de la neige gardant les empreintes d’un oiseau ». Pure et énigmatique pour le regardeur…

Cette exposition est chronologique dans la première partie située au premier étage, pour découvrir les débuts de Giacometti puis, à partir de 1935, c’est thématique : les têtes, les têtes sur tige, les groupes de personnages, le regard sur l’histoire de l’art et dans l’espace muséal du rez-de-chaussée en bas il y a une grande salle consacrée à la figure féminine, et enfin l’Homme qui marche II, avec lequel on découvre comment il relève le défi de Rodin.

Grâce à cette superbe exposition, le visiteur peut avoir un regard global sur l’œuvre de Giacometti tout en découvrant ses sources d’inspiration et les influences reçues. Les créations des uns et des autres permettent de faire des comparaisons dans l’art de la figuration. On adore la mise en regard d’une sculpture de Giacometti avec celle d’un autre artiste de son époque, qu’il soit maître ou ami(e).

Une atmosphère de pureté, de force et de sincérité se dégage de cette exposition que l’on a plaisir à découvrir plusieurs fois, tant elle est exceptionnelle.

Florence Courthial, restituant une grande partie de la présentation réalisée par Catherine Grenier, commissaire de l’exposition, conservatrice du patrimoine, historienne de l’art et directrice de la Fondation Giacometti, le jour du vernissage presse (13 septembre 2018).

GIACOMETTI. Entre tradition et avant-garde

Exposition jusqu’au 20 janvier 2019

Musée Maillol

61 rue de Grenelle, 75007 Paris – Tél. + 33 (0)1 42 22 57 25

MĂ©tro rue du Bac, ligne 12.

 

Ouvert tous les jours en période d’exposition temporaire, de 10h30 à 18h30.

Nocturne le vendredi jusqu’à 20h30.

www.museemaillol.com

top