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Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

Musée d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première grande exposition consacrée depuis quinze ans à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, … Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont encore trop rares



ZADKINE, l’instinct de la matière
Jeudi, 25 Octobre 2018 18:56

Le musée Zadkine rend un hommage inédit à l’artiste en soulignant sa place originale et singulière au sein des modernismes du XXe siècle. Après « Être Pierre », la nouvelle exposition « Ossip Zadkine, l’instinct de la matière » met en lumière son lien organique avec la matière. Courrez-y ! Des œuvres exceptionnelles y sont visibles seulement jusqu’au 10 février 2019. Vous découvrirez un Zadkine intuitif, sensuel et subtil, avec des œuvres d’une grande beauté.

 

« C’est l’instinct qui prime d’abord ; c’est le plus important ; tout le reste vient plus tard ; alors on s’arme d’une logique qui pénètre chaque geste. » Ossip Zadkine, entretien avec Jacques Charles, 16 septembre 1966.

Pour Ossip Zadkine, la matière est toujours première. Pour les alchimistes, la prima materia est omniprésente et nécessaire pour les transmutations. Zadkine maîtrise parfaitement les pratiques et les savoir-faire artisanaux traditionnels et se livre à des transmutations en bronze du bois, de la pierre, du marbre, de la terre, du plâtre et du ciment. La plasticité de son art naît des effets de matière, du goût de l’ornement, des incrustations, des incisions et de la polychromie.

On a trop souvent enfermé Zadkine dans le cubisme alors que l’artiste, loin de la rigueur, va toujours chercher plus loin dans la matière et les effets de la matière.

Une sensualité forte se dégage de ses œuvres. Les couleurs qu’il utilise proviennent des souvenirs de son enfance. Elles sont issues des intérieurs des maisons russes, des étoffes, des objets du quotidien ou rituelliques, comme les icônes dont il s’inspire pour ses ors, … la parure de l’or comme une seconde peau, un épiderme étincelant. On ressent sa spiritualité, sa quête du beau avec ce que la nature lui offre.

Il est imprégné de sa Russie natale, les villages, les forêts et aussi à son expérience en Angleterre lors de sa formation avec un artisan.

Au British Museum, Zadkine a découvert des œuvres antiques et primitives qui l’influencent aussi.

Ces œuvres sont un doux mélange de primitivisme et de modernisme.

« Du dialogue avec la matière naît le geste de l’homme. »

Zadkine est instinctif. Il sent, il est relié en permanence à la nature et à ce qu’elle lui offre. Il taille directement soit la pierre, soit le bois et parfois même un tronc.

L’exposition permet de dévoiler ce lien intime à la matière primordiale, aux formes en gestation : les veines et les nodosités du bois, la densité et les particules de la roche, la fluidité de l’encre ou de la gouache…

Le visiteur s’extasie devant Le Fauve ou Le tigre, 1920-1921, en bois doré, qui appartient au musée de Grenoble. On reste ébahis par l’Odalisque ou Bayadère, 1932, en bois de hêtre rouge polychromé. Elle est l’expression magistrale du chant de la matière. Les chaussons de feutre rappellent la Russie, les drapés renvoient à la Crète, tout un ensemble d’ornements symboliques. Cette œuvre est à la fois dense, massive, et légère par son aspect sensuel.

L’oiseau d’or qui regarde vers l’extérieur, le jardin, est inspiré du conte populaire L’oiseau de feu. Lorsque l’on est dans l’atelier on le voit de dos. Et c’est comme si l’oiseau voulait s’échapper. Il y a une poésie qui s’inscrit dans la thématique de la Jeune fille à l’oiseau. L’oiseau qu’elle tient sur son cœur est presque en train de vouloir s’envoler, lui aussi, quant au visage de la jeune fille de profil s’inspire des bas-reliefs égyptiens.

La vie instinctive est à la fois prégnante et instable, l’artiste montre ici une symbolique selon laquelle tout nous échappe.

Tout au long du parcours de l’exposition, on admire la capacité de renouvellement de l’artiste et son lien fort avec la matière et les matériaux.

Dans ce musée, on se relie pleinement à la nature; même les arbres ressemblent à des œuvres de Zadkine ! On a l’impression que l’artiste est toujours dans son atelier. Le seul musée parisien où on ressent l’âme de l’artiste… Un enchantement !

Florence Courthial

OSSIP ZADKINE, L’INSTINCT DE LA MATIÈRE

Musée Zadkine

Exposition jusqu’au 10 février 2019

100 bis rue d’Assas, 75006 Paris Tél. 01 55 42 77 20

Du mardi au dimanche, de 10h à 18h.

Des performances, des évènements et des ateliers à y découvrir…

www.zadkine.paris.fr

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