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NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

MusĂ©e d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le MusĂ©e d’Art moderne de la ville de Paris prĂ©sente la premiĂšre grande exposition consacrĂ©e depuis quinze ans Ă  l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, 
 Si son Ɠuvre est aujourd’hui cĂ©lĂšbre, les occasions d’en percevoir la complexitĂ© sont encore trop rares



MEMORIA, photographies de James Nachtwey
Mercredi, 30 Mai 2018 14:57

« La mĂ©moire est la chose la plus essentielle que nous ayons pour imaginer le futur et prĂ©venir des erreurs du passĂ© ». À travers ses photographies et ses paroles, James Nachtwey nous rappelle que si nous sommes incapables de nous souvenir du passĂ©, nous serons condamnĂ©s Ă  sa perpĂ©tuelle rĂ©pĂ©tition. La Maison EuropĂ©enne de la Photographie de la ville de Paris prĂ©sente la plus grande rĂ©trospective du photographe amĂ©ricain James Nachtwey jusqu’au 29 juillet 2018. Ce sont prĂšs de 150 photographies choisies par le photographe avec le commissaire de l’exposition, Roberto Koch, qui nous montrent ce qu’est l’enfer sur la terre, causĂ© par les guerres et les catastrophes naturelles. Des images poignantes nous transpercent le cƓur tout en Ă©tant pourtant d’une beautĂ© Ă©poustouflante. L’émotion est Ă  son comble mais bien au delĂ  de l’aspect artistique, James Nachtwey nous invite ici, Ă  rĂ©aliser un devoir de mĂ©moire et une prise de conscience, humanistes et universels.


Écrire l’histoire avec des images, DĂ©noncer l’horreur des guerres, Capter les regards et les Ă©motions, ĂȘtre en premiĂšre ligne pour dĂ©noncer l’effroyable vĂ©rité 

Des manifestants lancent des pierres et des cocktails Molotov sur les troupes qui tirent des munitions de combat et des balles en acier enduites de caoutchouc, nous sommes à Ramallah en Cisjordanie au début de la deuxiÚme Intifada palestinienne.

Puis nous voici face aux scĂšnes de violence incontrĂŽlĂ©e Ă  Port-au-Prince en HaĂŻti en 1994. Plus loin, une femme git sur le sol aprĂšs avoir Ă©tĂ© tuĂ©e par un obus de mortier
 On estime que plus de 100 000 TchĂ©tchĂšnes ont Ă©tĂ© tuĂ©s et plus de 200 000 ont Ă©tĂ© blessĂ©s, nous sommes Ă  Grozny, en 1995. Encore plus loin, nous voici plongĂ©s dans l’horreur des consĂ©quences de la famine au Darfour
 un jeune enfant n’a plus que la peau sur les os et rampe totalement dĂ©sespĂ©rĂ©. LĂ , une main sous les barbelĂ©s, et cette image insoutenable montrant en noir et blanc, une pile d’enfants morts. Les larmes, le sang, les regards inoubliables des migrants survivants mais qui ont tout perdu prennent une grande place dans notre esprit endolori.

Le parcours de l’exposition est constituĂ© de dix-sept sections offrant un vaste panorama des reportages les plus significatifs de James Nachtwey, qui se sont dĂ©roulĂ©s en Cisjordanie, au Salvador, au Nicaragua, au Guatemala, en Afghanistan, au Liban, en HaĂŻti, en Ouganda, en Allemagne, en Europe de l’Est, en Bosnie HerzĂ©govine, Ă  Kosovo, en Albanie, en TchĂ©tchĂ©nie, en Somalie, au Soudan, en Roumanie, au Rwanda, au ZaĂŻre, en Slovaquie, en Irak, aux États-Unis (avec le 11 septembre et les crimes et chĂątiments), en Afrique du Sud, en IndonĂ©sie, au Cambodge, au Vietnam, au NĂ©pal, en Croatie et avec tous les migrants fuyant leur pays en guerre.

Ce que nous voyons a Ă©tĂ© photographiĂ© d’une telle maniĂšre que le regardeur n’a pas l’impression d’une scĂšne se dĂ©roulant Ă  des milliers de kilomĂštres mais plutĂŽt juste en face de lui. Ces images sont puissantes, vivantes et nous font trembler d’effroi. Certaines ressemblent Ă  des tableaux de maĂźtre
 d’autres sont comme extraites d’un documentaire, comme suspendues et intemporelles. MĂȘme dans les atrocitĂ©s les plus extrĂȘmes, le grand photojournaliste arrive Ă  crĂ©er des images artistiques et esthĂ©tiques. Et quand ses images sont en couleur, tout semble Ă  fleur de peau, comme si le sang coulait directement d’un pinceau


La transmission pour ne jamais oublier

Parce que nous devons savoir ce qui se passe Ă  tous les niveaux d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle, James Nachtwey prend des photos, non seulement dans le but de dĂ©noncer les horreurs mais aussi et surtout, avec l’espoir de les transformer en antidotes.

« J’ai Ă©tĂ© un tĂ©moin. Un tĂ©moin de ces personnes Ă  qui l’on a tout pris – leurs maisons, leurs familles, leurs bras, leurs jambes, et jusqu’au discernement. Et pourtant, une chose ne leur avait pas Ă©tĂ© soustraite, leur dignitĂ©, cet Ă©lĂ©ment irrĂ©ductible de l’ĂȘtre humain. Ces images en sont mes tĂ©moignages. » prĂ©cise le photographe qui a consacrĂ© sa vie entiĂšre Ă  la photographie documentaire dans des conditions extrĂȘmes.

Tout ce qu’il a vu et vĂ©cu d’insupportable est visible. Les guerres, la famine, les maladies, l’injustice. Bon nombre d’images sont trĂšs belles malgrĂ© les thĂšmes les plus pathĂ©tiques et, malgrĂ© l’insoutenable.

On reste Ă©bahis (et c’est bien la premiĂšre fois depuis l’horreur du 9-11), devant la photographie du pompier « 252 » face Ă  l’une des tours jumelles du World Trade Center, effondrĂ©e, avec une impression d’holocauste, de plusieurs cathĂ©drales gothiques bombardĂ©es. On sait qu’il y a eu plus de 3 000 morts dont 343 pompiers qui tentaient de sauver les victimes d’un attentat impensable


Les images du gĂ©nocide rwandais (plus d’un million de morts, la majoritĂ© tuĂ©e par des outils agricoles
) vont hanter encore longtemps nos esprits et pourtant, il y a toujours de guerres inacceptables. James Nachtwey proteste avec ses photos et souhaiterait que nous protestions tous activement contre ces guerres dont rares sont les personnes qui en mesurent les consĂ©quences vĂ©ritables, ou mĂȘme s’en inquiĂštent


« Un regard compassionnel est un regard de connaissance, de conscience et de mĂ©moire : le seul antidote possible contre cette obscure Ă©tendue, ce cƓur des tĂ©nĂšbres qui prend sa charge horrifique Ă  l’aune de ce dont l’homme est capable. Nous regardons les images de Nachtwey et nous le savons dĂ©sormais : nous ne pouvons plus jamais oublier. » prĂ©cise Roberto Koch.

Cette exposition nous montre les vrais visages de la guerre et les atrocitĂ©s que subissent les ĂȘtres humains. James Nachtwey est nĂ© en 1948 dans l’état de New York (USA), a Ă©tudiĂ© l’histoire de l’art et les sciences politiques et travaille comme photoreporter depuis plus de quarante ans. Cette immense rĂ©trospective est un panorama complet de tout ce qu’il a vĂ©cu comme drame. Il a lui-mĂȘme Ă©tĂ© blessĂ© plusieurs fois pendant ses reportages.

Le titre de Docteur honoris causa lui a Ă©tĂ© dĂ©cernĂ© par quatre universitĂ©s amĂ©ricaines dont le Darmouth College qui vient d’acquĂ©rir l’ensemble des archives de son Ɠuvre.

MEMORIA est une exposition « choc » Ă  voir et Ă  cogiter car elle montre une humanitĂ© mutilĂ©e rĂ©vĂ©lĂ©e grĂące Ă  l’objectif d’un ĂȘtre empli de compassion et d’empathie envers ceux qui souffrent. Les images de James Nachtwey deviennent iconiques.

On sort bouleversés mais concernés.

Florence Courthial


MEMORIA

Photographies de JAMES NACHTWEY

Du 30 mai au 29 juillet 2018

Maison Européenne de la Photographie

5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris

Du mercredi au dimanche de 11h Ă  20h

Fermé lundi, mardi et jours fériés - Tél. 01 44 78 75 00

www.mep-fr.org

 

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