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Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

Musée d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première grande exposition consacrée depuis quinze ans à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, … Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont encore trop rares



Parfums de Chine
Vendredi, 13 Avril 2018 16:45

« Parfums de Chine, la culture de l’encens au temps des empereurs », est une très belle exposition visuelle et olfactive qui vous invite à voyager hors du temps dans une atmosphère où règne la paix, l’harmonie et la sensualité. Le musée Cernuschi dévoile une centaine d’objets d’art et d’archéologie liés aux rituels sacrés et profanes utilisant le parfum et l’encens depuis le IIIe siècle avant notre ère jusqu’au XIXe siècle. Céramiques, dessins, bronzes et toiles issus des collections du musée de Shanghai, présentés en Europe pour la première fois, dialoguent avec des pièces des collections du musée Cernuschi. On découvre avec délectation le rôle important du parfum dans la culture chinoise et on reste enivrés par ces nouvelles expériences sensorielles et historiques…


« Lecteur, as-tu quelquefois respiré,

Avec ivresse et lente gourmandise,

Ce grain d’encens qui remplit une église

Ou sort d’un sachet le musc invétéré ? » Charles Baudelaire, extrait du poème Le Parfum, 1857


Depuis la nuit des temps, c’est par le parfum que sont honorés les dieux. Il est peut-être le symbole le plus profond d’un être. Le mot « essence » ne désigne-t-il pas à la fois le parfum et la nature intime d’une chose ? L’odorat est le sens lié à la respiration, une des fonctions vitales de l’être. L’enfant et le jeune animal reconnaissent l’odeur de leur mère avant même de la voir…

Les odeurs et les parfums ont des significations et des symboliques très riches. Ils ont la faculté de transposer la présence physique d’un être. Par le parfum, une personne exhale son essence et laisse percevoir des fragments à la fois volatiles et profonds de son intimité… Il est partout et sans lieu, expansif et parfois envahissant, voire envoûtant, et de fait, il est un symbole privilégié de l’Esprit et des créatures spirituelles.

Les volutes de l’encens symbolisent la prière ou l’offrande intérieure dans toutes les religions et dans tous les instants de méditation, un lien ou un voile mystérieux presque invisible entre la Terre et le Ciel. L’onction d’huile parfumée quant à elle permet de faire pénétrer l’essence odorante dans tout le corps et évoque une pénétration mystique et (ou) spirituelle.

Aujourd’hui, nous aimons allumer un bâton d’encens pour apaiser nos esprits, pour voyager tout en restant assis ou allonger, ou encore pour faire disparaître des odeurs qui ne nous conviennent pas.

Le parfum fait rêver et ce n’est pas étonnant de voir des publicités de plus en plus oniriques voire fantastiques pour en faire sa promotion. En 2016, pour ne citer qu’un exemple édifiant, c’est une femme, Charlyse Théron, qui marche sur l’eau, pour le parfum « J’adore » de Christian Dior…

Le musée Cernuschi nous offre, depuis le 9 mars dernier, un magnifique et passionnant parcours historique et olfactif.

Doté d’une symbolique qui s’enrichit au fil du temps, le parfum permet d’aborder de nombreux aspects de la culture chinoise. De son côté, les équipes de Christian Dior Parfums ont tenté de reconstituer des parfums de la Chine impériale, que des bornes interactives nous permettent de découvrir au sein du parcours muséal.

Ce sont les matières premières utilisées pour créer les parfums et l’encens en Chine qui nous accueillent dès le début de l’exposition : Bois d’aigle, bois de santal, ambre gris, musc, patchouli, encens d’oliban, Styrax, le camphre, le clou de girofle et le benjoin.

Pendant la période des Zhou (1046-256 avant J.-C.), la culture de l’encens est indissociable des rites, les parfums jouant un rôle d’intercesseurs entre les êtres humains et les divinités. On invoquait alors les dieux et les esprits et on tentait aussi de chasser les influences maléfiques, causes des maladies.

En insistant sur l’importance des matières aromatiques en tant qu’offrandes rituelles, le bouddhisme a donné lieu à une iconographie où la représentation des brûle-parfums et des fidèles offrant de l’encens occupe une place importante. La littérature lui a aussi accordé ses faveurs. Dans le Chant du palais retiré, le poète Bai Juyi (772-846) évoque une beauté dont la jeunesse se consume dans la solitude :

« Femme au teint encore rose et déjà délaissée,

Penchée sur son brûle-parfum, en attendant l’aube. »

Vous découvrirez la place du parfum dans la culture des lettrés et dans les arts de vivre sous plusieurs formes et durant plusieurs dynasties dont les Song, les Yuan, les Ming et les Qing. De véritables trésors sont dévoilés mêlant de manière subtile des brûle-parfums en forme de canard, orné d’un éléphant, en forme de vase en tripode, zoomorphe en cuivre ou en bronze, en bois rare, en étain, ou simplement en terre cuite, des porte-encens raffinés et originaux, mais aussi des toiles de toutes tailles dont certaines sont majestueuses.

Insolites sont les bourses à parfum à motif fleurs et de caractères « longévité shou », en soie, broderie de soie et cristal de roche…

Ça et là, des bornes interactives vous permettent de sentir réellement les odeurs des matières premières utilisées selon les époques, dont la recette de la fleur de jade. Aussi, cerise sur le gâteau, dans la dernière salle de l’exposition, vous pourrez découvrir une interprétation contemporaine d’une formule ancienne complexe.

Pour cela, François Demachy, Parfumeur-créateur Dior, a utilisé le magnolia, la rose, le jasmin sambac et de l’osmanthus, qui sont des productions actuelles chinoises.

Grâce à cette exposition, nos sens deviennent empire…

Florence Courthial


PARFUMS DE CHINE

La culture de l’encens au temps des empereurs

Jusqu’au 26 août 2018

Musée Cernuschi

Musée des Arts de l’Asie de la ville de Paris

7, avenue VĂ©lasquez, 75008 Paris

Ouvert tous les jours sauf lundis et certains jours fériés, de 10h à 18h.

Nocturne le vendredi jusqu’à 21h.

Le musée organise des visites guidées, des visites labiales pour les personnes en situation de handicap auditif, des parcours dessinés, des conférences thématiques, des ateliers de calligraphie chinoise et des activités pour jeune public.

Pour tout savoir sur ces activités et pour les réservations :

www.cernuschi.paris.fr

#ParfumsChine @MuseeCernuschi

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