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NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

MusĂ©e d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le MusĂ©e d’Art moderne de la ville de Paris prĂ©sente la premiĂšre grande exposition consacrĂ©e depuis quinze ans Ă  l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, 
 Si son Ɠuvre est aujourd’hui cĂ©lĂšbre, les occasions d’en percevoir la complexitĂ© sont encore trop rares



Les mondes tsiganes
Mardi, 13 Mars 2018 17:00

 

« MONDES TSIGANES, Ma fabrique des images », est une magnifique exposition qui explore le rapport de la photographie aux mondes romanĂšs, Ă  ceux qui parlent le romani : les KalĂ©-Gitans (CalĂł d’Espagne), les Manouches (Sinti), les Roms et les Anglo-Romani. Autant de communautĂ©s trop souvent mal perçues, identifiĂ©es comme menaçantes ou suspectes pour lesquelles une grande exposition photographique est enfin rĂ©alisĂ©e. Les Tsiganes sont souvent nomades par choix mais surtout parce qu’ils sont confrontĂ©s au racisme et Ă  l’exclusion partout oĂč ils vont, fuyant toujours les villes et les villages. Leur histoire remonte au Moyen-Ăąge. Quelques photographes ont eu la chance ou l’opportunitĂ© de pouvoir mettre en lumiĂšre, grĂące Ă  la fabrique des images, des instants singuliers de leur vie quotidienne. À la fois didactique, historique et contemporaine, cette exposition se tient au MusĂ©e de l’histoire de l’Immigration, dans le splendide Palais de la Porte DorĂ©e, jusqu’au 26 aoĂ»t 2018. Bien au-delĂ  des clichĂ©s, cette expo passionnante et Ă©mouvante est lĂ  pour faire tomber les prĂ©jugĂ©s
 On en sort bouleversĂ©s...


 

 

Il y a eu les Rencontres photographiques d’Arles oĂč le photographe Mathieu Pernot a prĂ©sentĂ© une exposition sur les Gorgan. Pour le musĂ©e national de l’histoire de l’immigration ce projet Ă©tait dĂ©licat puisque la majoritĂ© des Roms, des Gitans et des Gens de Voyage qui vivent en France ne sont pas des immigrĂ©s. Cependant, certains les considĂšrent comme tels parce qu’ils sont nomades, errants. Pour renverser ce regard, dĂ©construire les idĂ©es reçues et surprendre aussi, une exposition Ă  deux volets a paru Ă©vidente pour les commissaires et pour HĂ©lĂšne Orain, directrice gĂ©nĂ©rale du Palais de la Porte DorĂ©e. « La reprĂ©sentation de la famille Gorgan au MusĂ©e de l’Histoire de l’Immigration imposait d’ajouter un propos plus historique, centrĂ© sur la reprĂ©sentation photographique des mondes tsiganes », prĂ©cise-t-elle.

C’est pourquoi, vous serez dans un premier temps accueillis par de grandes images historiques puis par un ensemble de photographies tĂ©moignant des persĂ©cutions subies par les gens du voyage. Vous dĂ©couvrirez des photographies anthropologiques judiciaires, d’autres montrant les mĂ©tiers exercĂ©s par les gitans et vous serez interpelĂ©s par les carnets anthropomĂ©triques obligatoires avec une loi du 16 juillet 1912, valable aussi pour les enfants. Puis, dans les annĂ©es 30 les images des Tsiganes deviennent folkloriques.

Images pendant les guerres

Durant la premiĂšre guerre mondiale, la plupart des familles itinĂ©rantes cesse de circuler et tous ceux en Ăąge d’ĂȘtre mobilisĂ©s combattent au front. Une histoire mĂ©connue est dĂ©voilĂ©e grĂące Ă  quelques clichĂ©s.

Entre 1940 et 1946, prÚs de 6 500 nomades sont internés en France dans une trentaine de camps et on découvre des images terribles des persécutions subies par les Tsiganes.

Les migrations dans toute l’Europe et dans le monde entier sont imagĂ©es aussi.

En France, aprĂšs 1945, les discriminations continuent et l’État crĂ©e des aires de stationnement Ă  durĂ©e limitĂ©e
 Cinq ans plus tard, des associations essaient de dĂ©fendre les droits des tsiganes. On voit ainsi quelques transformations s’opĂ©rer , trĂšs lĂ©gĂšres, telles que le passage des roulottes aux caravanes et l’évolution des mĂ©tiers.

Zoom sur le travail de quatre photographes de proximité

MatĂ©o Maximoff, nĂ© d’une mĂšre manouche et d’un pĂšre rom a documentĂ© toute sa vie son histoire familiale et celle de nombreux groupes tsiganes du monde entier. On dĂ©couvre aussi l’histoire peu connue de Jan Yoors qui a photographiĂ© les rom en Belgique et aux Etats-Unis, aprĂšs avoir dĂ©cidĂ©, Ă  12 ans, de suivre plusieurs familles spĂ©cialisĂ©es dans le commerce des chevaux. De son cĂŽtĂ©, Jacques LĂ©onard, ayant un pĂšre gitan, s’est installĂ© Ă  Barcelone en Espagne par amour pour une gitane du quartier de MontjuĂŻc. Il travaille comme photographe de presse et aussi pour des entreprises. Il a photographiĂ© la vie dans les rues, les mariages, les fĂȘtes, les mĂ©tiers, la danse et les rituels autour de la mort. Émile Savitry a, quant Ă  lui, accompagnĂ© Django Reinhardt dans sa carriĂšre en le photographiant autant dans sa vie privĂ©e que professionnelle.

Au-delĂ  des dĂ©signations, des BohĂ©miens aux Roms et Gens du voyage, les familles que nous dĂ©couvrons grĂące Ă  cette exposition de photos traversent le cadre des images qui les enferment depuis toujours dans des vĂ©ritĂ©s supposĂ©es. Sujet d’une fascination sans limite, le destin de ces personnes est toute autre que celle rĂ©vĂ©lĂ©e par les clichĂ©s


Les photographies lumineuses des Gorgan par Mathieu Pernot clîturent l’expo.

De tous les formats, en couleur et en Noir & Blanc, on en prend plein les mirettes de ces bobines attachantes prises par le photographe pendant vingt ans, entre 1995 et 2015. On voit Johny, Ninaï, Rocky, Giovannie, Mickaël, Jonathan, Pricilla, Vanessa, Ana et Doston, petits et grands, dans leur vie quotidienne et dans leur intimité.

Un face-Ă -face Ă©nergique et de vrais coups de cƓur s’imposent alors. Mathieu Pernot nous transmet ici la densitĂ© de la vie des membres de la famille Gorgan qui s’offrait Ă  son regard. Et nous, gadji, on reste Ă©bahis


Florence Courthial


MONDES TSIGANES, La fabrique des images

Une histoire photographique, 1860-1980

13 mars- 26 août 2018

MusĂ©e de l’Histoire de l’Immigration

293 avenue Daumesnil – 75012 Paris

Du mardi au vendredi de 10h Ă  17h30, le samedi et le dimanche de 10h Ă  19h.

Fermé le lundi et les 25 décembre, 1er janvier et 1er mai.

Ouvert le 14 juillet et le 11 novembre.

www.histoire-immigration.fr

#MondesTsiganes

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