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NOTRE COUP DE COEUR...

Chefs-d’œuvre des Aduma, Fang, Galwa, Kota, Kwele, Mbede, Punu, Tsogo, Vuvi, …

Quai Branly - Jacques Chirac Galerie Jardin

Exposition du 3 octobre 2017 au 21 janvier 2018

Plus d’information sur www.quaibranly.fr

L’Afrique équatoriale recèle des chefs-d’œuvre exceptionnels tels que de somptueux masques d’artistes Kota, Punu, Aduma et de remarquables statuettes de gardiens de reliquaires de Fang et de Mbede. Et bien plus encore… Le musée du quai Branly - Jacques Chirac rend un hommage fabuleux aux arts de l’Afrique équatoriale atlantique avec l’exposition appelée « Forêts Natales », un titre clin d’œil au poème « Les fenêtres » d’Apollinaire. Ne cherchez pas la métaphore si ce n’est que la grande majorité des 325 œuvres exposées ont été taillées directement dans le bois, issu de la Grande Forêt.

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Les mondes tsiganes
Mardi, 13 Mars 2018 17:00

 

« MONDES TSIGANES, Ma fabrique des images », est une magnifique exposition qui explore le rapport de la photographie aux mondes romanès, à ceux qui parlent le romani : les Kalé-Gitans (Caló d’Espagne), les Manouches (Sinti), les Roms et les Anglo-Romani. Autant de communautés trop souvent mal perçues, identifiées comme menaçantes ou suspectes pour lesquelles une grande exposition photographique est enfin réalisée. Les Tsiganes sont souvent nomades par choix mais surtout parce qu’ils sont confrontés au racisme et à l’exclusion partout où ils vont, fuyant toujours les villes et les villages. Leur histoire remonte au Moyen-âge. Quelques photographes ont eu la chance ou l’opportunité de pouvoir mettre en lumière, grâce à la fabrique des images, des instants singuliers de leur vie quotidienne. À la fois didactique, historique et contemporaine, cette exposition se tient au Musée de l’histoire de l’Immigration, dans le splendide Palais de la Porte Dorée, jusqu’au 26 août 2018. Bien au-delà des clichés, cette expo passionnante et émouvante est là pour faire tomber les préjugés… On en sort bouleversés...


 

 

Il y a eu les Rencontres photographiques d’Arles où le photographe Mathieu Pernot a présenté une exposition sur les Gorgan. Pour le musée national de l’histoire de l’immigration ce projet était délicat puisque la majorité des Roms, des Gitans et des Gens de Voyage qui vivent en France ne sont pas des immigrés. Cependant, certains les considèrent comme tels parce qu’ils sont nomades, errants. Pour renverser ce regard, déconstruire les idées reçues et surprendre aussi, une exposition à deux volets a paru évidente pour les commissaires et pour Hélène Orain, directrice générale du Palais de la Porte Dorée. « La représentation de la famille Gorgan au Musée de l’Histoire de l’Immigration imposait d’ajouter un propos plus historique, centré sur la représentation photographique des mondes tsiganes », précise-t-elle.

C’est pourquoi, vous serez dans un premier temps accueillis par de grandes images historiques puis par un ensemble de photographies témoignant des persécutions subies par les gens du voyage. Vous découvrirez des photographies anthropologiques judiciaires, d’autres montrant les métiers exercés par les gitans et vous serez interpelés par les carnets anthropométriques obligatoires avec une loi du 16 juillet 1912, valable aussi pour les enfants. Puis, dans les années 30 les images des Tsiganes deviennent folkloriques.

Images pendant les guerres

Durant la première guerre mondiale, la plupart des familles itinérantes cesse de circuler et tous ceux en âge d’être mobilisés combattent au front. Une histoire méconnue est dévoilée grâce à quelques clichés.

Entre 1940 et 1946, près de 6 500 nomades sont internés en France dans une trentaine de camps et on découvre des images terribles des persécutions subies par les Tsiganes.

Les migrations dans toute l’Europe et dans le monde entier sont imagées aussi.

En France, après 1945, les discriminations continuent et l’État crée des aires de stationnement à durée limitée… Cinq ans plus tard, des associations essaient de défendre les droits des tsiganes. On voit ainsi quelques transformations s’opérer , très légères, telles que le passage des roulottes aux caravanes et l’évolution des métiers.

Zoom sur le travail de quatre photographes de proximité

Matéo Maximoff, né d’une mère manouche et d’un père rom a documenté toute sa vie son histoire familiale et celle de nombreux groupes tsiganes du monde entier. On découvre aussi l’histoire peu connue de Jan Yoors qui a photographié les rom en Belgique et aux Etats-Unis, après avoir décidé, à 12 ans, de suivre plusieurs familles spécialisées dans le commerce des chevaux. De son côté, Jacques Léonard, ayant un père gitan, s’est installé à Barcelone en Espagne par amour pour une gitane du quartier de Montjuïc. Il travaille comme photographe de presse et aussi pour des entreprises. Il a photographié la vie dans les rues, les mariages, les fêtes, les métiers, la danse et les rituels autour de la mort. Émile Savitry a, quant à lui, accompagné Django Reinhardt dans sa carrière en le photographiant autant dans sa vie privée que professionnelle.

Au-delà des désignations, des Bohémiens aux Roms et Gens du voyage, les familles que nous découvrons grâce à cette exposition de photos traversent le cadre des images qui les enferment depuis toujours dans des vérités supposées. Sujet d’une fascination sans limite, le destin de ces personnes est toute autre que celle révélée par les clichés…

Les photographies lumineuses des Gorgan par Mathieu Pernot clôturent l’expo.

De tous les formats, en couleur et en Noir & Blanc, on en prend plein les mirettes de ces bobines attachantes prises par le photographe pendant vingt ans, entre 1995 et 2015. On voit Johny, Ninaï, Rocky, Giovannie, Mickaël, Jonathan, Pricilla, Vanessa, Ana et Doston, petits et grands, dans leur vie quotidienne et dans leur intimité.

Un face-à-face énergique et de vrais coups de cœur s’imposent alors. Mathieu Pernot nous transmet ici la densité de la vie des membres de la famille Gorgan qui s’offrait à son regard. Et nous, gadji, on reste ébahis…

Florence Courthial


MONDES TSIGANES, La fabrique des images

Une histoire photographique, 1860-1980

13 mars- 26 août 2018

Musée de l’Histoire de l’Immigration

293 avenue Daumesnil – 75012 Paris

Du mardi au vendredi de 10h Ă  17h30, le samedi et le dimanche de 10h Ă  19h.

Fermé le lundi et les 25 décembre, 1er janvier et 1er mai.

Ouvert le 14 juillet et le 11 novembre.

www.histoire-immigration.fr

#MondesTsiganes

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