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NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

Musée d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première grande exposition consacrée depuis quinze ans à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, … Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont encore trop rares



FOUJITA, Peindre dans les années folles
Mercredi, 07 Mars 2018 18:51


« Le dessin est l’ossature de la peinture. Il faut travailler autant que possible. Un grand maître comme Picasso dessine tout le temps. Même un peintre accompli comme André Derain utilise trois modèles tous les jours. Ils ne montrent pas leurs dessins et les entassent dans leur atelier. Lorsque je vois tout ce travail, je me dis que moi non plus je n’ai pas le temps de m’amuser. J’emploie deux ou trois modèles tous les jours. Dessiner est une nourriture indispensable. » ainsi parlait Tsuguharu Foujita, né au japon en 1886, baptisé Léonard en la cathédrale de Reims en 1959 (en hommage à Léonard de Vinci). Mondialement connu, Foujita était le peintre le plus oriental de l’école de Paris. Cinquante ans après son décès en 1968 à Zurich (à l’âge de 82 ans), le musée Maillol lui rend un très bel hommage en exposant son œuvre lumineuse dont le style est unique, la technique parfaite et le destin biculturel. Une centaine de ses créations sont à admirer avec jubilation jusqu’au 15 juillet 2018.

 

Du 7 mars au 15 juillet 2018, l’exposition « FOUJITA, Peindre dans les années folles », retrace l’histoire d’un destin unique, celui d’un artiste évoluant entre deux cultures. De ses débuts au Japon, en passant par son ascension et la révélation de son œuvre, son parcours le mènera jusqu’à la création de ce personnage si singulier dans le contexte parisien des années folles. Sa famille est japonaise et ses amis occidentaux. Parmi les plus célèbres, citons Soutine, Modigliani, Zadkine, Indenbaum, Kisling ou encore Pascin.

Les thèmes récurrents de l’artiste sont les femmes, les chats, les natures mortes, les enfants et les autoportraits. On en retrouve et en découvre d’ailleurs de nombreux, très originaux, tout au long du parcours scénographique exceptionnel réalisé par Hubert Le Gall. Le scénographe sait parfaitement valoriser les aspects fantaisistes de Foujita et les différentes étapes de son ascension artistique.

Foujita traverse les grands courants modernistes sans toutefois dévier de son schéma de recherche, respectueux de ses origines et de sa culture japonaises tout en s’inspirant aussi du classicisme et du modernisme des grands maîtres occidentaux. La particularité de sa technique picturale est l’utilisation du cerné noir réalisé avec un pinceau très fin et l’emploi de couleurs finement poudrées posées en transparence.

La peinture est très libre, Foujita aussi

Le parcours, fléché, indique aux visiteurs les différentes étapes de l’artiste à suivre grâce à des thèmes bien distincts et pratiquement chronologiques : Un japonais à Paris ; des paysages et démarches solitaires ; les papiers des premières expositions ; Cagnes, l’échappée Belle ; la part du sacré ; les années folles, une parenthèse enchantée ; autoportraits, miroirs et objectifs ; le culte du modèle ; Youki, ses années folles ; l’art de l’enfance ; les grandes compostions ; les grandes commandes parisiennes ; l’atelier Foujita ; un monde intérieur, Foujita et l’art déco ; les pierres de lap ; et enfin, épilogue.

Vous aussi vous êtes libres de découvrir à votre guise le travail de ce génie du pinceau. Les surprises sont nombreuses. L’admiration est permanente. De la constance des sentiments et des émotions face au génie créateur…


Certains visiteurs n’ont peut-être jamais eu l’occasion de voir ses émaux lapidaires art déco, ou encore du mobilier sur lequel sont marquetés certains des objets fétiches de Foujita. Ces objets sont admirables et ô combien admirés !

Notre plus grand étonnement est certainement celui ressenti face aux grands décors muraux, aux larges panneaux peints car avec eux, toute la virtuosité de Foujita est décuplée et valorisée à l’infini. Cependant, c’est bien la finesse de l’œuvre qui flamboie entre les cimaises, même si l’ambiance anecdotique et un peu délurée des années folles semble régner au sein du magnifique espace muséal.

Foujita a, certes une exactitude de compas, mais surtout une délicatesse et une poésie du pinceau digne d’un grand maître. Le trait de l’artiste se révèle toujours parfait et les lignes tracées au sumi (encre noire du Japon) sont d’une exquise élégance ; Les fonds en feuille d’or renforcent aussi l’impression de raffinement, oscillant entre l’esthétique orientale et la préciosité des icônes religieuses occidentales.


Foujita fut non seulement un peintre perfectionniste et original mais aussi un photographe curieux, un illustrateur respectueux des textes et un artisan magicien du quotidien. Artiste complet, il connaît, se réapproprie et détourne les codes avec beaucoup d’humour et un regard bienveillant à l’égard des enfants. Les portraits exposés au sein de cette exposition en dévoilent toute la dimension. Ils sont très attachants et donnent parfois l’impression d’être les précurseurs des dessins du réalisateur et scénariste Hayao Miyazaki. Émouvants !


Son œuvre subtile et délicate est à (re-)découvrir sans modération et avec délectation. Elle inspire quelques haïkus…

 

"Le Petit Bouddha,

Assis en tailleur,

Regarde son chat sous les Dalhias."


 

 

 

"La femme au miroir,

Aux cheveux d’or,

Sa robe rouge,

Annonce le printemps."


Florence Courthial


FOUJITA

Peindre dans les années folles

7 mars- 15 juillet 2018

Musée Maillol

59/61 rue de Grenelle – 75007 Paris

Ouverture 7 jours sur 7 en période d’exposition, de 10h30 à 18h30, nocturne le vendredi jusqu’à 20h30.

www.museemaillol.com

#ExpoFoujita

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