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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



Sept livres pour voyager cet été
Mercredi, 17 Août 2011 18:18
Pas besoin de bouger pour s’évader : un, deux ou plusieurs bons bouquins, et hop, vous voilà plongés dans de nouvelles aventures. Courtes ou infinies, les histoires sélectionnées par BlackMap vous invitent au voyage, qu’il soit intérieur ou lointain. Actuelles ou historiques, ces œuvres sont originales et toujours émouvantes. A glisser dans sa valise ou à découvrir sur place…

altLA QUETE INFINIE DE L’AUTRE RIVE, épopée en trois chants, de Sylvie Kandé aux éditions Gallimard, Collection Continents Noirs, 112 pages.
Vous allez ramer sec au rythme des vagues et des sonorités de ce long poème métaphorique. Sylvie Kandé excelle en assonances, allitérations, vocabulaire précis et adjectifs idoines. La quête infinie de l’autre rive est une œuvre unique, à la fois musicale et historique, politique et symbolique. L’auteure nous plonge avec ferveur dans son imaginaire qui essaie de transcrire les tribulations des migrants du XIVe siècle à aujourd’hui. En 2011, ils sont en effet des centaines de milliers à essayer d’atteindre l’Europe en partant du Sénégal sur une simple pirogue…« A pagayer leurs bras se sont faits pagaies… »

altPAR-DELA LES TENEBRES BLANCHES, enquête historique de Tidiane N’DIAYE, aux éditions Gallimard, Collection Continents Noirs, 164 pages.
L’anthropologue franco-sénégalais Tidiane N’Diaye propose ici sa lecture historique de l’épopée sud-africaine, Ô combien complexe, avec les vagues successives de son peuplement par des communautés européennes, bantoues et indiennes, en passant par sa découverte par les chinois. Cet opus est à la fois un très bel hommage rendu à Nelson Mandela et une leçon d’histoire passionnante sur la nation arc-en-ciel, tellement riche d’enseignement philosophique et humaniste.

altAVALE, de Sefi Atta, aux éditions Actes Sud, roman traduit de l’anglais (Nigeria) par Charlotte Woillez, 287 pages.
Avale quoi ? Surtout pas les promesses des hommes, vous répondraient Rose et Tolani, deux jeunes Nigérianes d’une trentaine d’années confrontées aux difficultés de leur vie à Lagos. Elles tiennent le coup en attendant une porte de sortie. Continuellement sujettes aux rapports de force, que ce soit dans leur vie professionnelle comme dans leur vie personnelle, Tolani et Rose se serrent les coudes pour affronter les affres du quotidien liés au harcèlement de leur chef, aux jugements intempestifs des uns et des autres, aux mesures disciplinaires d’un pays corrompu et autoritaire et surtout, à la pauvreté. De caractères très opposés, elles sont pourtant amies jusqu’à devenir complices en étant passeuses de drogue.
Sefi Atta nous transporte dans un univers impitoyable avec son écriture énergique et rythmée, emplie d’humour pour mieux « avaler la pilule » et surtout avec la force de l’expérience et l’amour de ses racines. « Andrew était devenu le surnom de tous les Nigérians qui vivaient à l’étranger. Ils n’étaient pas de bons citoyens, contrairement à nous, qui restions et qui souffrions. » p.58
Avale est un roman puissant et terriblement d’actualité.

altUN ETE SANS LES HOMMES, de Siri Hustvedt, aux éditions Actes Sud, 217 pages.
Nouveau livre de la new-yorkaise Siri Hustvedt, l’épouse talentueuse de Paul Auster, Un été sans les hommes est un roman singulier et poignant qui relate l’histoire de Mia, une femme très intelligente et cultivée, brisée par la découverte de la liaison extraconjugale de son mari avec une autre, qu’elle surnomme avec humour « la Pause ». Mia fuit Brooklyn pour se réfugier auprès de sa mère dans le Minnesota où elle a grandi. « Assise en face d’elle dans le petit appartement, je me dis soudain que ma mère était pour moi un lieu tout autant qu’une personne. » Mia anime un atelier de poésie auprès de sept jeunes femmes, côtoie les amies de sa mère, se laisse cajoler par sa sœur et par sa fille. Ce gynécée lui permet de réaliser une profonde introspection qui ressemble à un puzzle dont elle rassemble petit à petit les morceaux après trente ans de vie maritale. Ecrit à la première personne, Un été sans les hommes est aussi une galerie de portraits attachants de femmes désireuses de s’émanciper des hommes (tant aimés !). Un roman (ou récit) subtil au succès garanti.

altMA CABINE TELEPHONIQUE AFRICAINE, de Lieve Joris aux éditions Actes Sud, 167 pages.
Coup de cœur pour ces récits traduits du néerlandais par Marie Hooghe, dans lesquels Lieve Joris évoque « tout simplement » quelques personnages rencontrés en Afrique, en Egypte, en Syrie, en Pologne et en Hongrie. Cette grande voyageuse ne cherche pas des sujets de reportage. Elle tente plutôt de comprendre les destins, les manières de vivre et de penser d’êtres qu’elle côtoie de très près, sans jugement et avec beaucoup de bienveillance, d’empathie et une curiosité intelligente. « J’ai fui Varsovie, car ce n’est pas dans sa capitale qu’on apprend à connaître un pays. » lui dit Hania (page 125). Cette phrase pourrait résumer l’état d’esprit de cette merveilleuse écrivaine, journaliste et voyageuse en quête de connaissance.

altMA VIE A SAINT-DOMINGUE, de Jean-Jacques Salgon, aux éditions Verdier, 141 pages.
Voici une œuvre atypique écrite par un auteur original, Jean-Jacques Salgon dont l’œuvre Le roi des Zoulous, écrite en 2008, nous avait transportés dans l’univers exceptionnel de Jean-Michel Basquiat faisant aussi écho à sa propre vie. C’est à présent à Toussaint Louverture qu’il rend hommage au travers d’un récit sur le génial stratège, héros de la révolte des esclaves de l’ancienne colonie française de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti). L’auteur semble s’approprier l’épopée de Toussaint Louverture et la fait résonner avec ses propres expériences de voyages et ses centres d’intérêt. Ayant vécu deux ans en Afrique, Salgon a été sensibilisé à une certaine culture africaine et à son histoire. « Dans la mythologie vaudou, l’idée qu’une barrière toujours peut être levée revient à affirmer qu’il ne peut exister de système totalement clos. » (Page 90). Salgon ne raconte pas une histoire, mais des histoires, avec des personnages plus ou moins connus, ou reconnus.
L’auteur dédie ce livre à tous ceux que le séisme a meurtris dans leur chair et dans leur âme.

altLE PETIT ROMAN DU DESERT, de Philippe Frey, aux éditions du Rocher, 105 pages.
Voici quatre visions des rapports entretenus par Lawrence d’Arabie (Violence et Passion), Shéhérazade (La puissance et le désir), Charles de Foucauld (Mortification et Colonialisme), Antoine de Saint-Exupéry (L’aventure moderne), chacun face à l’immensité du désert.
Extraits :
Page 23 « Mais pour l’heure, Lawrence s’enfonce dans l’immensité. Le soleil brûlant a perdu de ses ardeurs et va bientôt se coucher derrière les reliefs volcaniques d’Arabie noyés dans le sable. Après tout ce temps passé dans le désert, que lui a-t-il appris ? »
Page 47 : « Le désert catalyse ces envies et les fait rejaillir. Plus fortes que jamais ! Encore plus étrange : même seul dans un désert, on peut s’enivrer du vide comme du parfum d’une femme. » Un petit roman du désert pour un grand moment d’évasion ! top