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NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

Musée d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première grande exposition consacrée depuis quinze ans à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, … Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont encore trop rares



Première rétrospective de César à Pompidou
Mardi, 02 Janvier 2018 10:03

 

César Baldaccini, dit César (1921-1998), illustre sculpteur connu du grand public grâce à ses compressions spectaculaires et celles plus petites des César du cinéma, reparaît aussi radieux que jamais, vingt ans après sa mort, grâce à la grande exposition rétrospective du Centre Pompidou de Paris. Cent trente pièces (sur 1.200 !) provenant du monde entier révèlent cinquante années de création de cet artiste laborieux dont la maîtrise était extraordinaire. L’entière galerie 1 du niveau 6 du Centre Pompidou, magistralement ouverte face aux toits parisiens, nous montre toute la dimension généreuse de la nature moderne et urbaine des œuvres du maestro. Des fers soudés, des compressions, des empreintes humaines, des expansions et des enveloppages (œuvres moins ou peu connues) dialoguent entre elles avec ferveur, montrant toute la diversité et l’étendue des explorations de César. É-pouce-touflant !

 

 

Un pouce en bronze, brillant, de 6 mètres de hauteur, posé (pour la seule période de l’exposition) trône en empereur sur la piazza du colossal et métallique Centre Pompidou. Il donne immédiatement une idée de l’envergure et du rayonnement de la rétrospective César qui attend les visiteurs au sommet du Centre. Une fois en haut, un parcours initiatique (ou pas) en cinq grands gestes de César nous éblouit totalement : les fers soudés, les compressions, les empreintes humaines, les expansions et les enveloppages, dialoguant avec fougue, révèlent la maîtrise parfaite des gestes de César pour créer des œuvres d’une nature moderne urbaine, industrielle et publicitaire (comme l’entendait Pierre Restany, fondateur du Nouveau Réalisme). César a transformé des objets du quotidien d’un monde lui-même en pleine transformation.

Très jeune, César bricolait un peu tout avec trois fois rien. On n’est donc pas étonné d’apprendre qu’il a d’abord fait l’école des beaux-arts de Marseille, en 1938 puis l’École nationale des beaux-arts à Paris. Dans les années 50, César découvre la soudure à l’électricité (appelée soudure à l’arc) auprès d’un ouvrier d’une usine de menuiserie et se met à souder et à composer des sculptures en fer avec tout ce qu’il trouve. N’étant pas fortuné, il ne pouvait pas s’offrir des matériaux couteux tels que la pierre, la terre et encore moins le marbre. Faute de moyens, c’est son imagination débordante et son ardeur au travail qui prédominent et le propulsent dans les sphères du fer. Il travaille alors avec des tôles, des vis, des clous, des boulons, des tuyaux et ce qu’il trouvait dans la rue ou sur les chantiers.

Un immense « savoir-fer »

Sa première grande œuvre en métal intitulée « l’Esturgeon » se voit remporter le concours du Collabo des beaux-arts. Ce poisson accueille les regardeurs dès leur arrivée au sein de l’espace muséal parisien, devenu gigantesque pour l’occasion car aucune cimaise n’arrête le regard ni ne brise l’étendue et la diversité des créations.

Les fers soudés

Pendant près de dix années, César réalisa des œuvres en métal soudé. Leur aspect plus léger face aux compressions massives indiquent toute la dualité du travail de l’artiste. Les fers soudés sont une technique propre à César qui lui offre des possibilités infinies de coloration grâce aux oxydes.

Bernard Blistène, directeur du musée national d’art moderne et commissaire de l’exposition, nous indique qu’ici, « on découvre toute la complexité de César que l’on croyait pourtant bien connaître. L’artiste n’est pas classique ou moderne, il tente d’être les deux simultanément. »

Blistène voit l’ensemble de l’œuvre de César comme le mariage du temps long et du temps court. Le temps long étant celui des sculptures soudées dont pour certaines il faut des années de réalisation et le temps court est, celui des gestes.

 

Dès 1961, César réalise des compressions « dirigées » : il choisit les matériaux pour leur forme, leur matière et leur couleur et utilise alors des tubes en aluminium, des plaques numéralogiques, des éléments de motocyclette, … Quand il les nomme, c’est parfois comique, avec un fort accent du sud : « Viens ici que j’t’esquiche », « Sunbeam », … Après cette période de métallo, il choisit de nouveaux éléments pour ses compressions tels que du carton d’emballage, des boites en plastique, de la filasse et autres matériaux trouvés sur les marchés. Il donne alors à ses compressions des formes plates, allongées, cubiques, les pose soit verticalement soit horizontalement, selon l’aspect qu’il veut donner à ses sculptures. Pendant près de quarante ans, César exerce le geste de la compression à des matières et des formes multiples, réalisant des formes selon les textures, les couleurs, les densités, les rythmes et les tensions, tel un alchimiste. La durée d’une réalisation pouvait varier entre quelques heures et une journée entière.

Les productions de César sont tantôt figuratives tantôt abstraites. Nous voici attirés vers les masses d’acier concentrées, densifiées, enchevêtrées, pliées exprimant à la fois un passé mécanique et un futur à répétition, des formes initiatrices d’une société de consommation : bienvenue au pays des célèbres compressions. Mais ici, elles sont toutes différentes ; certaines sont murales, d’autres nous narguent comme des totems ou nous encerclent telles des figures qui semblent se mouvoir…

 

Empreintes humaines

Le corps humain devint un thème majeur pour César qui réalise ses premiers essais de moulage en 1963. Toujours en quête de nouveaux matériaux, il choisit une technique qui lui permet de ne pas intervenir directement avec ses mains : la pantographie. Il réalise un premier agrandissement pantographique, un pouce rose de 40 cm en plastique translucide qu’on admire au côté de plusieurs autres pouces. Il déclina cette idée dans toutes les matières aussi traditionnelles qu’insolites (bronze, or, fonte de fer, sucre, pain, cristal, verre, …) et de toutes les tailles, jusqu’à celui de 12 mètres sur les parvis de La Défense. César réalise aussi de nouvelles Empreintes à partir de plusieurs de ses propres membres (index, poing, main ouverte ou fermée, …) mais aussi celui du sein d’une danseuse du Crazy Horse que nous voyons ici posé au sol, blanc et grandiose.

Curieux, César découvre en parallèle à ses nouvelles formes de production, la mousse de polyuréthane. Fasciné par l’entité molle du plastique expansé, il crée les Expansions.

Avec l’ajout du Fréon, un élément accélérateur, le mélange de résines produit une mousse dont le volume augmente dans des proportions étonnantes ; l’artiste s’en amuse alors en proposant des happenings avec le public dans le monde entier. César découpe, signe et distribue des morceaux de ces créations à la foule. Puis, lorsqu’il comprend que ses œuvres sont éphémères et veut leur donner un caractère pérenne, il conçoit une technique pour durcir la surface. Une nouvelle fois, il envisage tous types de formes et de couleur, de la théière d’une trentaine de centimètres de hauteur à l’expansion n°14 de plus de 2 mètres…

Soudeur, Compresseur, Agrandisseur, Expanseur et… Enveloppeur

 

Avec Les enveloppages, César crée une série d’un nouveau genre de sculptures, après avoir découvert des feuilles de méthacrylate chez un artisan niçois. La technique d’enveloppement est plus complexe que celle de la compression et surtout, plus délicate. Il faut placer les feuilles de Plexiglas dans des tiroirs d’une étuve puis quand elles sont assez souples, elles doivent refroidir dans une matrice créée pour l’occasion et ensuite, refroidir. César les applique autour d’objets usuels anciens tels qu’un téléphone, une machine à écrire, une paire de chaussures, un moulin à café, …

Les plis et replis confèrent à la sculpture une impression particulière à la fois de mouvement entre l’intérieur et l’extérieur et de compression.

On est bluffé par cette exposition qui nous apparaît comme un jardin extraordinaire et gigantesque. Le paysage de César est vraiment merveilleux.

Florence Courthial

CÉSAR, LA RÉTROSPECTIVE

Centre Pompidou

Du 13 décembre 2017 au 26 mars 2018

Galerie 1, niveau 6

Tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h (Fermeture des caisses à 20h)

Nocturne le jeudi jusqu’à 23h (fermeture des caisses à 22h)

Tél. 01 44 78 12 33

Autour de l’exposition : la projection du documentaire « César sculpteur décompressé » le 10 janvier à 18h30, petite salle, Gratuit dans la mesure des places disponibles. Des ateliers pour le jeune public, un catalogue et un album.

www.centrepompidou.fr

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