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NOTRE COUP DE COEUR...

Chefs-d’œuvre des Aduma, Fang, Galwa, Kota, Kwele, Mbede, Punu, Tsogo, Vuvi, …

Quai Branly - Jacques Chirac Galerie Jardin

Exposition du 3 octobre 2017 au 21 janvier 2018

Plus d’information sur www.quaibranly.fr

L’Afrique équatoriale recèle des chefs-d’œuvre exceptionnels tels que de somptueux masques d’artistes Kota, Punu, Aduma et de remarquables statuettes de gardiens de reliquaires de Fang et de Mbede. Et bien plus encore… Le musée du quai Branly - Jacques Chirac rend un hommage fabuleux aux arts de l’Afrique équatoriale atlantique avec l’exposition appelée « Forêts Natales », un titre clin d’œil au poème « Les fenêtres » d’Apollinaire. Ne cherchez pas la métaphore si ce n’est que la grande majorité des 325 œuvres exposées ont été taillées directement dans le bois, issu de la Grande Forêt.

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Le maître est l’enfant
Mercredi, 27 Septembre 2017 10:17

Le nouveau film documentaire du réalisateur Alexandre Mourot « Le maître est l’enfant » est sorti aujourd’hui sur nos écrans nationaux. Après s’être intéressé à la recherche des fantômes qui accompagnent les objets lors de leur mise à la décharge dans le documentaire « Poubelles et sentiments », réalisé en 2009, Mourot (devenu père en 2010) s’est découvert une passion pour l’éducation des enfants jusqu’à passer un an dans une classe à Roubaix à observer des petits de 3 à 6 ans profitant de la méthode Montessori. Et ça tombe bien, car nous souhaitions mieux la connaître ! Est-ce cette fameuse méthode qui peut former un esprit libre ?


SYNOPSIS

Alexandre Mourot, réalisateur et jeune père, regarde sa fille faire sa propre expérience du monde. S’interrogeant sur sa scolarisation prochaine, il décide d’aller tourner un an dans une classe d’enfants âgés de 3 à 6 ans, celle de la plus ancienne école Montessori de France, à Roubaix. Dans une salle accueillante, avec des fleurs, des fruits et beaucoup de matériel, Alexandre observe des enfants libres de leurs mouvements et de leurs activités, qui « travaillent » seuls ou à plusieurs dans une ambiance étonnamment calme. Le maître est très discret. Chacun lit, fait du pain et des divisions, rit ou s’endort en classe. Pendant une année, le réalisateur filme la mise en œuvre de cette pédagogie de l’autonomie et de l’estime de soi que Maria Montessori voyait, en pleine fureur de la première moitié du XXème siècle, comme la promesse d’une société nouvelle de paix et de liberté.

 

Ce qu’on aime

Après une courte et sympathique introduction très personnelle du réalisateur filmant les premiers pas de sa fille et ses interactions autonomes et variées, c’est grâce à sa caméra posée discrètement dans une classe que nous découvrons avec beaucoup d’intérêt les moments clefs des enfants d’une école maternelle Montessori. Nombreux sont ceux qui ont entendu parler de cette fameuse méthode pédagogique mais très rares sont ceux qui nous ont fait un retour sur leur expérience.

Voici enfin le premier film présentant la méthode pédagogique de Maria Montessori, qui fut médecin psychologue, pédagogue et anthropologue dont la première école a ouvert ses portes en Italie en 1906. Ce film est aussi le reflet de la pensée de Maria Montessori, vous ne serez donc pas étonnés d’entendre, pour voix-off, celle d’Anny Duperey, si douce et si expérimentée.

Maria Montessori a toujours travaillé dans le but de favoriser l’autonomie et l’ouverture d’esprit de l’enfant. Pour elle, « L’enfant n’est pas un vase qu’on remplit mais une source qu’on laisse jaillir. »

Elle a aussi dit que l’enfant peut faire beaucoup pour nous, plus que nous pouvons faire pour lui. C’est pourquoi, cette illustre pédagogue a fait le vœu de devenir la disciple de « ce maître qu’est l’enfant. »

Alexandre Mourot fait dans son long métrage le choix de se placer en observateur. Certes, il observe, mais il le fait en connaissance de cause car il a suivi un stage d’éducateur Montessori et a visité 22 écoles dans toute la France avant de poser sa caméra pendant un an dans la classe maternelle de l’école privée Jeanne d’Arc à Roubaix. Cette école a fait le choix de la méthode Montessori depuis 1947. Dans sa classe de maternelle, l’atmosphère sereine et les enfants issus de milieux sociaux très divers ont contribué au choix du réalisateur.

Pendant un peu plus d’une heure et demie, le spectateur se trouve à hauteur d’enfant pour le voir interagir à sa guise dès son arrivée dans la classe, en toute autonomie. L’enfant commence par mettre sa blouse, ou se fait aider par un plus grand, puis vaque aux occupations qui l’attirent. Compter, remplir et vider du liquide ou du riz d’un pot à un autre, lire, écouter, préparer du pain, éplucher des légumes, apprendre à nouer des liens, placer les drapeaux des pays, … l’enfant ne cesse d’être en mouvement, à son rythme, et dans un calme étonnant. Il peut aussi rester longtemps concentré sur une même tâche, qu’il peut faire et refaire sans cesse jusqu’à ce qu’il soit satisfait du résultat. La concentration est une conquête pour lui.

 

Ici, ni récompense ni de punition, juste de l’estime. Tout est basé sur la confiance. L’éducateur cultive la volonté de l’enfant et ne la brise jamais. Son travail consiste à préparer la classe avec beaucoup de matériel (dit de développement) qui aide l’esprit des enfants à s’organiser. Son rôle est aussi de rendre la classe belle (la beauté invitant à l’activité), pratique et ordonnée (pour éviter la confusion). On est agréablement surpris de voir qu’il se met toujours à hauteur des yeux de l’enfant, qu’il parle à voix basse et qu’il accorde du temps à un enfant unique ou à un groupe. Il se sent accompagnateur plutôt que formateur.

La classe dans laquelle évoluent 28 enfants est celle de Christian Maréchal. On voit aussi deux stagiaires qui appliquent la même pédagogie alliant douceur, écoute, partage, patience, et bien d’autres qualités nécessaires à la réussite de tout épanouissement.

Le petit Géraud est particulièrement attendrissant. Tous les enfants observés révèlent beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme aux tâches qu’ils accomplissent. Le spectateur devient alors observateur. Les scènes sont parfois un peu longues mais elles nous permettent de bien comprendre que le temps devient aussi un espace.

Grâce à ce documentaire très intéressant, on acquière plus de connaissances sur la méthode Montessori qui considère l’éducation non pas comme une transmission du savoir mais comme une aide au développement psychique de l’enfant. On apprécie de prendre le temps d’admirer ces bambins accomplir de nombreuses travaux, en utilisant parfois des outils dangereux, tels qu’un sécateur ou un fer à repasser, chaud. Ils ont l’air en pleine conscience de ce qu’ils font et pourquoi ils le font. On se demande pourquoi on n’a pas accepté de laisser faire nos enfants lorsqu’à 7 ou 8 ans ils nous suppliaient de faire du repassage à notre place…

Ce qu’on aimerait voir

Ces mêmes jeunes dans 20 ans.

Seront-ils des adultes ayant gagné parfaitement en autonomie. Auront-ils pleinement confiance en eux ? Leur créativité sera t-elle plus importante et plus efficiente que celle des élèves ayant suivi un cursus classique ? Offriront-ils la même pédagogie à leurs propres enfants ? Les bienfaits de cette méthode jouent-ils sur le long terme ?

On reste donc en quête de témoignages de parents et de jeunes adultes initiés à cette pédagogie qui semble tellement miraculeuse et on peut regretter que nos propres enfants n’ont pas eu la chance d’en bénéficier vu le coût annuel de l’école assez élevé ou s’en féliciter.

Demain

La République En Marche va t-elle intégrer l’essentiel de cette méthode dans les classes maternelles et primaires, car on dit que « tout se joue avant 8 ans » ?!

Pour ce faire, les professeurs des écoles pourraient compléter leur formation académique par une formation d’éducateur Montessori.

On rêve d’un monde meilleur, et le monde, c’est bien nos enfants qui vont continuer à le faire, du mieux qu’ils pourront…

 

Le maître est l’enfant est un film à voir surtout par les parents et futurs parents, par tous les éducateurs du monde entier. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, ou mieux faire ! On applaudit le film, les éducateurs, le réalisateur, l’équipe technique, les enfants et les 2255 contributeurs à sa production.

Durée : 1H40

Réalisateur, image et Prise de son : Alexandre Mourot

 

Monteur : Catherine Mamecier

Montage son : Bruno Franc

Musique originale : Damien Salançon

Distribution : Dans le sens de la vie

Presse : Ciné Sud Promotion

Le film est soutenu par Philippe Merieu, Antonella Verdiani, Olivier Maurel, l’Association Montessori France.

Bande annonce : https://youtu.be/f0mHFz3cTrI

Florence Courthial

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