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NOTRE COUP DE COEUR...

20 ANS d'acquisitions du musée du Quai Branly Jacques Chirac

 

Exposition du 24 septembre 2019 au 26 janvier 2020

Musée du Quai Branly - Jacques Chirac

Plus d’information sur www.quaibranly.fr

20 ans. Les acquisitions du musée Quai Branly - Jacques Chirac, est une exposition remarquable, témoin de la vitalité des créations d'Afrique, d'Océanie, d'Asie et des Amériques. Depuis sa première acquisition en 1998 une statuette féminine provenant du Mexique, créée entre 600 et 200 avant J.-C., symbole iconique du musée du quai Branly, jusqu'à nos jours, vous découvrirez plus de 500 chefs-d'oeuvre des arts premiers, principalement...



Le verre médiéval dans tous ses éclats
Mardi, 26 Septembre 2017 12:40

 

Le musée Cluny met toute la lumière sur les facettes du verre au Moyen Âge avec une exposition passionnante dévoilant plus de 150 œuvres en verre exceptionnelles et un grand nombre d’objets en lien avec cette matière fascinante. L’exposition LE VERRE, UN MOYEN ÂGE INVENTIF, se déroule sur un parcours en trois temps : le verre d’architecture, le verre creux et ses usages, et le verre précieux et de précision, dans le frigidarium des thermes de Cluny, jusqu’au 8 janvier 2018. Vitraux, fioles, calices, gobelets, verres à tige, lampes, perles ou plaques émaillées, vases, alambics, verres d’optique et urinaux sont présentés en regard d’enluminures, de peintures et de gravures attestant leurs usages tout au long du Moyen Âge. Magnifique !

 

Découvrir le verre, sa fabrication et son utilisation au Moyen-Âge est comme un acte sacré qui transforme notre état de profane en la matière en une sorte de transcendance presque divine. Et avoir la chance d’être guidés dans cette exposition d’œuvres exceptionnelles, uniques pour la plupart et extrêmement fragiles, par Sophie Lagabrielle, la commissaire, passionnée et passionnante, confère à cet état très particulier une dimension enchanteresse et une grâce infinie. Chaque objet devient un joyau…

En effet, dès ses premiers pas au sein du parcours de l’exposition, le visiteur découvre des fragments de vitraux d’une beauté époustouflante. Art luxueux né grâce à l’inventivité des verriers mérovingiens vers le 5ème siècle, le vitrail a gagné ses lettres de noblesse avec l’avènement de l’architecture gothique. Reconnu comme la plus belle invention du Moyen-Âge, le vitrail est composé de morceaux de verre peints et assemblés au plomb. Cinq siècles ont été nécessaires pour sa mise au point et cinq pour sa déclinaison. Au Moyen-Âge, créer un miroitement de surface ou filtrer la lumière à travers le verre avait pour objectif de glorifier Dieu.

Sur un plan symbolique, le verre médiéval a été souvent comparé au cristal ayant de multiples vertus telles que la limpidité, la pureté, la sagesse, la sérénité et la clairvoyance.

Le visiteur peut dans un premier temps regarder une vidéo pour comprendre comment était fabriqué le verre ce qui lui permet ensuite d’admirer les joyaux exposés en étant initié à cet art qui demandait beaucoup de créativité, surtout lorsque l’on apprend qu’au 7ème siècle il y avait une pénurie de verre… On a alors l’idée de réunir les morceaux de verre à l’aide du plomb. A cette époque, on fait venir le verre fondu du Proche-Orient qui est à nouveau fondu sur le continent. Lorsque le Proche-Orient ne fournit plus le verre, les verriers ont l’idée d’utiliser les cendres de hêtres et de fougères pour en fabriquer eux-mêmes.

Le verre dans tous ses éclats

Dans la première salle, on admire un petit fragment de vitrail, le Buste du Christ issu des fouilles à San Vincenzo de Volturno en Italie daté du IXe siècle, c’est une pièce unique et exceptionnelle. De très beaux fragments de vitraux provenant des fouilles autour de cathédrales, églises et basiliques sont également mis en valeur. À titre d’exemples : L’Arche d’Alliance – Baie des Allégories de Saint-Paul, Samson et le lion, l’Arbre de Jessé, Les Mages devant Hercule et bien d’autres chefs-d’œuvre illuminent la visite.

Ensuite, on découvre le fameux bleu de Chartres du XIIe siècle. Il n’y a que le verre bleu qui est d’origine marine. Au XIIIème siècle, ils découvrent le cobalt qui donne un bleu un peu violacé. Les Cisterciens étant très exigeants, ils ne veulent ni croix, ni mage, ni peinture, ce qu’ils veulent, c’est du verre blanc, simple, pur… sauf qu’il n’est constitué que de plomb. Au XVème siècle, il y a beaucoup de verre blanc. Plus tard, apparaît le jaune doré qui provient de l’argent que l’on fait chauffer. Cela permet de se débarrasser du plomb. Heureusement, au XVème siècle, la couleur revient. Grâce aux gravures, la technicité augmente en qualité. On découvre aussi le verre aux effets de rayures. Des prêts uniques de la Sainte Chapelle nous dévoilent la grande virtuosité des verriers du XVème siècle. Les pièces sont toutes magnifiques !

Quant aux incrustations, elles apparaissent au XIIIe siècle pour une période très courte.

 

Les Usages du verre

Un four est présenté pour comprendre ce qu’est un creuset ; les ateliers grossissent grâce aux découvertes de creusets de plus en plus grands. À l’époque carolingienne on boit dans des verres en verre. Petit à petit on voit que le pied du verre grandit jusqu’à devenir le verre à tige. Plusieurs très beaux verres à tige sont exposés et donnent une idée assez claire de leur préciosité.

« La période la plus intéressante, c’est le XIVe siècle ! » précise Sophie Lagabrielle, la commissaire, « d’où l’idée de cette exposition ! ». Avec des grands verres à tige dans la France du Nord qui se trouvent sur la table des rois. La France acquière une technicité qui devance presque les effets rendus au Proche-Orient. En effet, on entoure les verres de filet bleu, que l’on trouve sur la table des Papes d’Avignon. Venise récupère le savoir-faire du verre émaillé et les envoie dans toutes les villes d’Europe qui suivent les routes du commerce de grand luxe. Des décors floraux et animaliers sont aussi mis à l’honneur.

Au XVème siècle, on passe au gobelet. Puis on met des outils qui s’appellent des lissoirs dans les tombes parce que le verre a un aspect prophylactique et protecteur. Dans les tombes des Vikings on a également trouvé des jeux en verre.

Comme le verre ne se vole pas, car il a un aspect protecteur fascinant, il est souvent commandé pour des cérémonies religieuses. Par contre, il n’y a que l’église qui commande des lampes en verre, de même on en retrouve dans le culte hébraïque. Quelques pièces sont présentées au cœur de l’exposition.

Jusqu’au XIIIe siècle, il n’a y que l ‘église qui commande du verre. Puis, dans la société civile, il y a des rites et des rituels tels que les banquets ; on loue du verre pour le consommer en communauté.

En Italie, il est utilisé principalement pour l’hygiène. On a à cette époque qu’un seul verre chez soi, et ce, jusqu’au XVIème siècle. Il va être aussi associé aux savants, aux médecins, aux alchimistes et aux apothicaires. Les urinaux permettent d’analyser l’urine pour comprendre de quelle maladie il s’agit. L’urinal devient à ce moment là le symbole du médecin. Il y a une roue des urines, avec une vingtaine de maladies répertoriées, et aussi des fioles avec doubles canaux pour avoir des débits différents. Les vins, les parfums, le huiles vont y être placés pour bien les conserver.

 


Du précieux et de précision

Nous découvrons aussi un aspect moins connu qui est celui des verres sacrés que l’on trouve dans les plus grandes commandes de bijoux, tissus, icônes, …

Le verre réduit en poudre permet de former de l’émail qu’on utilise notamment dans la création de céramique. Paris et Sienne deviennent alors les capitales des émaux. On arrive même à faire des peintures à l’émail. A Venise, on réalise du verre doré gravé, deux des trois vestiges des plats qui servaient d’autels, Les Deux Docteurs de l’Église, fabriquée avec du verre dit « églomisé » à feuille d’or appliquée au revers, gravée et peinte, fin du XIVe siècle, sont des pièces uniques.

L’exposition se termine par la découverte des premiers verres d’optique.

Au XIIème siècle les Franciscains découvrent les premiers effets de loupe grâce à un morceau de verre. Et si on met un pont, on crée des lunettes ; fin XIII siècle on découvre la première paire de lunettes appelées « clouantes » qui est constituée de deux lentilles convexes fixées sur une pince-nez, dont l’empreinte se voit dans le manuscrit des sermons de Saint Augustin. Insolite... et émouvant !

Les lunettes ont d’abord été fabriquées en corne, puis en bois et enfin en cuir, ce qui était moins douloureux à porter…

L’exposition présente aussi l’unique exemplaire de miroir parabolique ; dit « à bosse », prêté par le musée historique de Vevey (Suisse).

Autour de l’exposition

Une présentation de l’exposition sera réalisée par la commissaire le jeudi 12 octobre à 18h30.

Vous pouvez également participer à des Visites-conférences, des promenades, et des ateliers.

Un livret-jeu gratuit pour les enfants est remis à l’accueil et un beau livre rassemblant vingt auteurs et 200 illustrations est disponible à la vente dans la librairie.

« De rien ne se crée rien » sera une installation d’art contemporain réalisée par Olivier Sévère, du 11 octobre au 8 janvier 2018, dans la Chapelle de l’hôtel des abbés.


LE VERRE

Un Moyen-Âge inventif

Du 20 septembre 2017 au 8 janvier 2018

6, place Paul Painlevé, 75005 Paris

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h15 à 17h45

Fermé les 25 décembre, 1er janvier et 1er mai

www.musee-moyenage.fr

 

Allez voir un verre !!!

@Florence Courthial

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