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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



Retour à Forbach
Mardi, 18 Avril 2017 12:04

 

Le premier tour pour l’élection du Président de la république française se tiendra dimanche et dès demain, mercredi 19 avril 2017, le film-documentaire RETOUR À FORBACH de Régis Sauder sort au cinéma et devrait crever les écrans. Pourquoi ? Parce ce que ceux qui hésitent encore ou sont prêts à voter pour des extrêmes peuvent ici prendre conscience des conséquences désastreuses liées aux idées et aux régimes totalitaires. Marseillais d’adoption depuis longtemps, le documentariste est revenu dans sa ville natale, Forbach, et a passé trois ans à filmer les rues, les habitants de toutes origines, a interviewé les commerçants, un professeur des écoles, des enfants, … Ancienne ville de mineurs, voici Forbach minée par son histoire. Elle fut tantôt allemande, et même nazie, tantôt française, au gré des annexions. Aujourd’hui, l’extrême droite domine par dépit et ce film émouvant permet non seulement une introspection mais aussi de mettre en lumière une ville devenue assez obscure…

 

Synopsis

Retour à Forbach

Régis Sauder revient dans le pavillon de son enfance à Forbach, une ville minière de Moselle Est, située dans le bassin houiller lorrain, à la frontière germanique. Il y a trente ans, il a fui cette ville pour se construire contre la violence et dans la honte de son milieu. Entre démons de l’extrémisme et déterminisme social, comment vivent ceux qui sont restés ? Ensemble, ils tissent mémoires individuelles et collectives pour interroger l’avenir à l’heure où la peur semble plus forte que jamais.

Notre avis

Régis Sauder nous plonge dans son intimité dès les premières images du film lorsqu’il se retrouve dans le pavillon de ses parents dans lequel il a grandi, dans la honte parce qu’il trouvait que tout était moche et ne valait rien, des meubles Castorama en formica, des faux tapis d’Orient ou encore les faux bijoux de sa mère. Ce qui est loin d’être faux par contre ce sont ses sentiments controversés entre la honte et l’attendrissement qu’il éprouve grâce aux souvenirs qu’il renoue et les rapports qu’il entretient avec les habitants de la ville, et une amie d’enfance devenue professeur des écoles.

Un pays de malheur ?

Enfant, il sait que le sang a coulé. Il entre dans le silence. Il se sent pauvre aussi et pense qu’il est nul. Il se sent écrasé par la misère sociale et par le regard des autres, ses amis à l’école qui sont fils d’ingénieurs ou de docteurs.

Régis Sauder a quitté Forbach il y a trente ans mais Forbach ne l’a jamais quitté. Un ensemble de souvenirs enterrés ressurgissent alors qu’il pense que la mémoire de la ville est en train de s’effacer, celle de son père aussi à cause d’une maladie neurodégénérative. Les anciens aimeraient pourtant que la honte et les soucis liés à la dernière guerre ne laissent comme trace que celle du devoir de mémoire.

Comment les jeunes peuvent-ils laisser monter l’extrême droite alors que la ville a été fondée grâce aux migrants. Ils sont venus de partout, principalement d’Afrique du nord et aussi d’Italie, de Pologne et du Portugal. Il y a eu tant de brassage que les autochtones ont perdu leur identité. Les HBL palliaient alors à tous leurs besoins : travail, logement, vacances, transports et depuis l’arrêt des HBL, plus rien : la ville semble abandonnée.

Les gens à présent pensent que ce sont les émigrés qui sont responsables de la chute des houillères, d’où la montée du FN. Ils se sentent perdus et la honte ici à Forbach est comme une seconde peau !

« Je filme pour me souvenir, pour lutter contre cette maladie du siècle. Je n’ai aucun patrimoine mais des souvenirs et des secrets. Et surtout, un souhait de changement positif.»

De retour à Forbach, l’auteur de ce film-documentaire a changé de regard, sur lui et sur le monde. Il aimerait croire qu’ici « Tout est encore possible ».

Dimanche, les urnes parleront davantage… Gageons que l’humanisme prenne le pas sur les peurs !

Retour à Forbach

Un film réalisé par Régis Sauder, 78 minutes, couleurs

Assistant à l’image : Thomas Weber ; Son : Pierre-Alain Mathieu ; Montage : Florent Mangeot, assisté de Frédéric Bernadicou ; Montage son : Mathieu Z’Graggen ; Mixage : Régis Diebold ; étalonnage : Gautier Gumpper

Production : DOCKS 66, (copyright des images), Aleksandra Cheuvreux & Violaine Harchin

Coproduction : ANA FILMS, Milana Christitch & VOSGES TÉLÉVISION

Numéro de visa : 146217

Cinéma du réel 2017, compétition française.

www.docks66.com

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