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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



Les arbres dont je suis fait
Jeudi, 16 Mars 2017 10:54

 

L’arrivée du printemps nous incite à nous rapprocher davantage de la nature, à l’observer, à vivre avec elle en harmonie. Infiniment complexe, régulée par le temps, les saisons, la lune et le soleil, elle est comme nous soumise à des lois. Comme nous aussi, la nature doit constamment résister et s’adapter aux changements de climat, à son environnement, aux voisins, souvent bienveillants mais parfois envahissants… Et comme nous encore, elle aime la lumière et l’eau. Maurice Chaudière, apiculteur, céramiste, conteur, greffeur, pédagogue, potier et sculpteur, lui rend un très bel hommage dans son opuscule « Les arbres dont je suis fait et autres retours sauvages » aux éditions Actes Sud. Dès ses premiers pas, Maurice Chaudière (88 ans !) a grandi parmi les animaux, s’est initié à l’apiculture et à l’élevage. Découvrez ses savoir-faire, son sens aigu de l’observation et son art de la transformation naturelle dans un livre délicieux et passionnant.

 

Dans Macbeth, Shakespeare dit « On a vu des pierres bouger et des arbres parler. »

L’amour des arbres de Maurice Chaudière est immense et ineffable. Il illumine cet opus. Tout ce qui vit l’intéresse, plus particulièrement les transformations qu’il opère en réalisant des greffes de toutes sortes. Il offre ainsi une nouvelle vie à l’arbre, aux arbres, encore plus riche puisque diversifiée ! Il transforme aussi les fraises, les mûres, les kakis, et certains légumes.

Le lecteur découvre les métamorphoses de figues-fleurs, arbousier, plaqueminier, ronce, caprifiguier, cyprès, aubépine, chêne vert, chêne truffier, rose et cerisier, pin, amandier, frêne, grenadier et styrax. L’auteur aime à s’entourer de ce qui l’interpelle et nous entraîne dans un merveilleux tourbillon poétique végétal et, animal.

« Comme le lierre, on a besoin pour s’accomplir de s’attacher à autre chose que soi. Ne sommes-nous pas condamnés au rêve d’être autrement que vivants ? Les anges ont su répondre à cette ubiquité. »

Ce livre nous enchante. Il a le goût de la confiture de fraises, l’odeur du figuier sauvage, on y entend les cigales et les grillons chanter, on y voit des jardins, des potagers colorés, des champs de fleurs sauvages, des oiseaux virevolter, des abeilles butiner, des animaux de basse-cour s’animer, on y caresse un chat, un chien, et on sent la fleur d’oranger et le lait d’amandes douces au fil de l’histoire.

Maurice Chaudière a toujours cueilli et chassé le sauvage et se nourrit de ce qu’il produit. Il nous engage à protéger la nature et à agir en pleine conscience pour la préserver et vivre en harmonie avec elle.

Cet opus écrit d'une très belle plume, est une véritable ode à la vie, à l’amour, à l’essentiel, au naturel, à nos sens primitifs, au collectif et surtout, à la créativité source de beauté, de joie, d’harmonie et, d’émerveillement.

Les Arbres dont je suis fait et autres retours sauvages

Ecrit par Maurice Chaudière, préfaces de Francis Hallé et Thierry Thévenin, aux éditions Actes Sud, 268 pages

Maurice Chaudière est né à Staouéli, près d’Alger en 1928. Dans cet ouvrage, il partage ses réflexions sur le monde et nous offre le témoignage de son parcours singulier. Il dresse avec humour, tendresse et poésie le portrait des arbres et des animaux qui l’ont nourri autant qu’inspiré.

www.actes-sud.fr

« La cloche du temple s’arrête mais j’entends encore la résonance des fleurs. » Matsuo Bashō

Florence Courthial

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