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NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

Musée d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première grande exposition consacrée depuis quinze ans à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, … Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont encore trop rares



Joséphine Baker en un clin d’œil
Jeudi, 19 Janvier 2017 17:18

 

Ultra connue pour son show dans lequel elle était vêtue uniquement d’une ceinture de bananes, pour ses robes de strass, ses plumes et ses froufrous, son train de vie exubérant, sa peau couleur chocolat au lait, son joli minois et son immense vitalité, sa célèbre chanson « J’ai deux amours », que savons-nous vraiment de la personnalité, de la vie et des rêves de Joséphine Baker ? Rien, ou trop peu, certainement… car le parcours de cette star adulée par le Tout-Paris pendant ses cinquante années de music-hall fut incroyable. Marie-Florence Ehret décrypte pour nous, les images publicitaires et met en évidence la force de caractère hors du commun et la vie de cette merveilleuse africaine-américaine-parisienne dans un livre de 160 pages qui se lit en un clin d’œil Joséphine Baker, Des trottoirs de Saint Louis aux marches du Panthéon, aux éditions de la Différence. Super ! à croire que l’auteur a vécu à ses côtés…


Prononcer le nom de
Joséphine Baker, icône des Années Folles et plus encore, fait toujours sourire. On imagine ô combien l’ambiance devait être chaude et joyeuse dans les cabarets où la chanteuse-danseuse se produisait avec une énergie incroyable et des shows sans cesse renouvelés. Le sourire toujours aux lèvres, comme si derrière celui-ci un clown triste s’agitait... C’est bien derrière ce masque que Joséphine Baker se cachait jusqu’à sa dernière heure, et que Marie-Florence Ehret a soulevé en écrivant son livre Joséphine Baker, Des trottoirs de Saint Louis aux marches du Panthéon, pour révéler sa vraie personnalité, à la fois gaie, courageuse, généreuse mais aussi dure et intransigeante.

Le lecteur plonge littéralement dans la vie tumultueuse et palpitante de Joséphine Baker, sans jamais pouvoir refermer le livre avant la dernière page.

L’histoire racontée par Marie-Florence Ehret commence en 1914, à St Louis dans le Missouri. Joséphine a 8 ans et s’appelle Freda Josephine Mc Donald. On la surnomme Tumpie. Issue d’un milieu pauvre, Joséphine marche pieds nus dans les rues de la ville, sautille, danse, s’agite. Un jour un clou la blesse et, celle qui fut la danseuse incomparable des Années Folles à Paris, a bien failli devenir unijambiste…

Les émeutes raciales battent leur plein dans cet état et la jeune Joséphine assista à un lynchage d’un vieil homme Noir qu’elle n’oubliera jamais.

Un premier mariage à 13 ans, puis elle s’enfuit à Philadelphie où elle épousa un second homme, Mr Baker dont elle gardera le nom de famille toute sa vie, même après d’autres unions. Joséphine est ensuite engagée comme habilleuse à Broadway et remplace au pied levé une danseuse malade pour ne plus jamais quitter la scène du show business. S’en suit Paris où elle devint célèbre grâce à la Revue Nègre. Joséphine danse, Joséphine fait le pitre, Joséphine se déguise, Joséphine adore la France qui l’a adopté au premier regard.

Car l’art nègre est à la mode à Paris. Aragon, André breton, Jean Cocteau, Braque, Picasso et tant d’autres artistes en sont fans.

Pour Joséphine, Paris c’est la liberté absolue ! Elle rayonne, elle explose !

La Gloire lui sourit, elle est adulée par le Tout-Paris. Elle mène un train de vie incroyable.

« Le luxe ostentatoire dont elle s’entoure, son automobile jaune tapissée de peau de lézard, ses cent quatre-vingt-seize paires de chaussures, ses dizaines de malles, de valises, de chiens, ses fourrures, son perroquet, c’est trop ! C’est trop ? La foule est là qui l’attend, l’accueille, l’acclame avec enthousiasme. » page 42

En 1936, Joséphine prend des leçons d’aviation et obtient sa licence. Elle monte à cheval aussi. Ensuite, la guerre éclate et Joséphine déclare « La France m’a faite ce que je suis, je lui dois tout, je suis prête à donner ma vie pour elle. » Elle est alors résistante, soigne les blessés, repère les espions allemands et devient correspondante de guerre. Le sous-lieutenant Baker est démobilisé. Puis, elle reprend ses activités artistiques.

Dans les années 50, Joséphine a quarante-cinq ans et n’a plus d’espoir d’avoir un enfant. Elle en adopte dans le monde entier, de toutes les couleurs et de toutes les origines et leur donne le nom de « tribu arc-en-ciel ». Douze enfants sont adoptés par le couple Jo Bouillon et Joséphine Baker. Joséphine devient alors une fervente militante mondialiste, aux côtés de Martin Luther King.

Malheureusement, elle cumule les dettes au fil des années et tente d’équilibrer sa trésorerie en continuant les représentations. Peu importe son âge avancé, elle garde sa souplesse de corps et d’esprit, en restant toujours coquette et affriolante.

Minutieusement décrite par l’auteur, la vie de l’immortelle et sublime Joséphine Baker est résumée dans ce livre qui devient un recueil indispensable pour découvrir les grandes étapes d’un parcours hors du commun.

On retient à quel point Joséphine Baker, lumineuse et courageuse, est précurseur de l’émancipation des femmes en général et de la femme Noire, en particulier.

Chapeau bas !

Florence Courthial

Joséphine Baker, Des trottoirs de Saint Louis aux marches du Panthéon

Par Marie-Florence Ehret, aux éditions la Différence, 160 pages.

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