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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



Plongez dans Corniche Kennedy !
Vendredi, 13 Janvier 2017 08:23

 

« Des adolescents dans leur élan vital, leur beauté, leur humanité, leur grâce, leur force, leur poésie, leur liberté. Ils ont vingt ans, l’âge des possibles. » Voici en quelques mots comment Dominique Cabrera décrit les héros de son nouveau film « Corniche Kennedy », inspiré du roman éponyme de Maylis de Kerangal. À Marseille, entre ciel et mer, sous un grand soleil, de jeunes adolescents des quartiers Nord, Marco (Kamel Kadri), Medhi (Alain Demaria), Franck, Mélissa, Hamza, Mamaa et Julie se retrouvent régulièrement sur la corniche pour plonger des rochers, de plus en plus haut. Suzanne (Lola Créton) les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être… En salle mercredi 18 janvier 2017. Plus qu’un coup de cœur, ce film est une révélation. Il illumine Marseille. Il nous enchante et nous réchauffe. Sublime !

 

Des jeunes marseillais se retrouvent pour plonger face aux belles villas qui longent la corniche. Lorsqu’ils plongent des parapets, c’est très haut. C’est très beau !

Pour un débutant, c’est mission impossible parce que vertigineux. Cela demande des années de pratique. Ils plongent et replongent, ils restent sous l’eau en apnée pour bien épouser le bleu de la mer et sentir la matrice les protéger. Quoi de plus sensuel et rassurant après l’exploit ?

Marco, brun, long, mince et sec est chauffeur pour un caïd. Medhi, lui est rond, blond, doux, réservé. Il a un grand frère incarcéré. C’est eux qui plongent le plus et de plus en plus haut. Ils forment une petite bande avec des filles et d’autres garçons.

Suzanne, elle, les observe de loin et rêve de les approcher, de les toucher, de plonger avec eux, de se dépasser et de laisser tomber sa carapace d’étudiante pour la remplacer par des ailes. D’abord celles de la peur, puis celles de l’amour.

Suzanne, après un rite initiatique, peut faire partie de la bande et devient la petite amie des deux compères et complices. Ils s’aiment. Lorsqu’ils sont ensemble, on a l’impression que le temps s’est arrêté. C’est beau, c’est bon et c’est très doux. Leur trio semble uni pour l’éternité. Dans leur vertige, ils ont trouvé un équilibre.

Les trois amoureux sillonnent Marseille en scooter lorsqu’ils sont sur la terre. Mais le spectateur les voit surtout entre le bleu de la méditerranée et du ciel, entre les regards d’une intensité rare et aussi, à l’intérieur de leurs cœurs et de leurs corps dont ils assument les excès.

Ces jeunes sont authentiques, leurs talents aussi. Ils nous entraînent dans une saga décalée qui est leur quotidien. Leur vérité.

Leur amour du risque l’emporte sur tout. D’ailleurs, Suzanne devait passer son BAC et laisse tomber ses études pour vivre à fond son humanité et plus encore, son animalité.

« Plonger c’est laisser ses soucis derrière soi, ressentir une force, dépasser ses peurs, se sentir libre, parce que vivant ! »

Mais quand on titille la vie par des exploits, on suscite aussi le regard de la police. La commissaire (AĂŻssa MaĂŻga) plutĂ´t sympa et son auxiliaire tendu (Moussa Maaskri) veulent arrĂŞter des trafiquants de drogue. La filature commence.

Même si les héros les côtoient, vaguement, ils ne sont pas pour autant leurs cibles. La police nous fait un peu entrer dans les entrailles de la ville tout en nous en maintenant éloignés.

Intérieur, extérieur, lumière, ombre, gamins de banlieue, bourgeoises, flics, voyous, plongeurs et observateurs, les opposés s’attirent et se croisent tout au long de ce film qui est un chef-d’œuvre et dont la fin est surprenante, hors du cadre elle aussi.

Tout dans Corniche Kennedy est intense, puissant, profond, doux et piquant à la fois. Le jeu des acteurs est excellent ! Les images sont superbes ; la musique extra ; les lieux, magiques ; les couleurs, chaleureuses ; les métaphores, subtiles.

Corniche Kennedy est un film profond, d’une intensité rare et d’un force prégnante.

Beau, intelligent, sensible et lumineux, ce film est envoûtant. Dominique Cabrera est une cinéaste et une femme remarquable. Corniche Kennedy mérite un succès immense. Le regard que Cabrera porte sur la vie sociale et les sentiments d'êtres en mal de repère est toujours intelligent, sensible, touchant et valorisant. Elle essaie d'extraire le meilleur de chacun, dans sa vérité la plus profonde et de manière juste et, ... parfaite !

Vous l'aurez compris, ce film, on l'adore !

Florence Courthial


CORNICHE KENNEDY

Un film de Dominique Cabrera

Durée : 1h34

Avec Aïssa Maïga dans le rôle d’Awa ; Lola Créton, Suzanne; Alain Demaria, Medhi et Kamel Kadri, Marco.

Scénario et réalisation : Dominique Cabrera

D’après Corniche Kennedy un roman de Maylis de Kerangal, aux éditions Gallimard, 2008.

Image : Isabelle Razavet ; ingénieur du son : Xavier Griette, Montage : Sophie Brunet ; Accessoiriste et décors : Christian Roudil ; Directeur de production : Isabelle Tillou ; Musique originale : Béatrice Thiriet.

Produit par Gaëlle Bayssière – Everybody On Deck

Distribution France : Jour2Fête

Presse : Ciné-Sud Promotion

Bande annonce :

https://youtu.be/7HhWZGAB3eY

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