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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



La vie est faite de ces toutes petites choses
Jeudi, 17 Novembre 2016 11:21

 

À quelques heures du décollage du vaisseau Soyouz dans lequel se trouve l’astronaute européen Thomas Pesquet, 38 ans, dixième français à s’envoler pour l’espace et novice de l’équipage, lire ou relire le roman original et poignant de Christine Montalbetti La vie est faite de ces toutes petites choses, s’impose, en toute légèreté, bien sûr… Retournons en juillet 2011, alors que la dernière navette habitée s’élève dans le ciel de Floride emportant Sandra, Fergie, Doug et Rex vers la Station spatiale internationale et vivons, comme si nous y étions, des instants de cette aventure exceptionnelle… emplie de toutes petites choses extraordinaires.

 

« Pour tout vous dire, c’est une nuit pluvieuse, épaisse et noire, une de ces nuits humides de Floride dont on ne sait pas bien ce qu’elle vous réserve, grosse de nuages, opaque, profonde… » ainsi commence le roman La vie est faite de ces toutes petites choses que vous ne lâcherez plus jusqu’à la dernière ligne parce qu’il vous tient en haleine.

Suspense, risques, déplacements en apesanteur, arrêts sur image, attente, décompte des secondes, lancement, décollage, propulsion, ondulation. « Ce que vous éprouvez lors d’un lancement, tous les astronautes vous le diront, est difficile à décrire. L’impression saisissante, intense, extrême. C’est brut, âpre, et littéralement formidable, c’est quelque chose de terrible, qui vous cloue au siège. » (page 109)

Neuf minutes pour atteindre la microgravité et deux jours pour rejoindre la Station spatiale internationale. Il faut s’habituer à l’impesanteur, changer sa manière de vivre et de penser. Puis, nos astronautes se mettent à flotter et à admirer le paysage cosmique époustouflant. « En bas » la terre toute bleue, autour d’eux, une immensité toute noire, et en dedans, heureux. Un peu de nostalgie cependant, s’il se mettent à penser aux saisons qu’ils ne verront plus pendant quelque temps : plus de pluie, plus de feuilles colorées qui tombent et volent dans le ciel, plus de souffle du vent, plus de neige, … plus de proches à câliner, plus de Terre sur laquelle marcher… et, cette sensation permanente de vivre un rêve absolu.

Christine Montalbetti décrit le quotidien de ces astronautes avec humour, tendresse et admiration.

« L’impesanteur a beau être devenue quotidienne, on ne se lasse pas des effets comiques qu’elle produit et on se livre à de petites facéties, qu’on alterne avec le désir de conserver malgré tout une apparence convenable, un semblant de convivialité ordinaire, mimant les conventions mondaines qu’on a apprises… » (page 197).

Ils se réveillent en musique, ils apprennent à cuisiner à bord, à courir harnaché sur un tapis roulant, et ils ont le temps d’observer que chaque geste doit être fait méticuleusement car un tout petit détail peut tout faire basculer ; exemple : une miette dans la navette est impossible ! Et nous, terriens, nous réalisons que tout ce que nous faisons sur Terre sans y penser, nos petits gestes quotidiens si faciles à faire sont improbables en impesanteur. Parfois, ils oublient même qu’ils ont un corps et ont la sensation de n’être « que » des consciences flottantes…

Et nous, lecteurs, on est totalement éblouis !

Florence Courthial

La vie est faite de ces toutes petites choses, de Christine Montalbetti, aux Ă©ditions P.O.L, 335 pages

www.pol-editeur.com

 

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