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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



little go girls
Lundi, 07 Mars 2016 17:36

 

À Abidjan, les Go sont des jeunes femmes de ghetto qui empruntent un chemin chaotique entre délinquance et sexe tarifé pour gagner un peu d’autonomie. Très jeunes, majoritairement musulmanes, elles fuient les violences familiales et vivent clandestinement et dans le déshonneur. « Little Go Girls » est un film-documentaire très esthétique et passionnant, réalisé par Eliane de Latour, anthropologue, photographe et cinéaste. Un film sensible, sensuel et touchant qui illumine des jeunes femmes de l’ombre au destin précaire. Un sort que nous aimerions bien conjurer ! Sortie nationale ce mercredi 9 mars 2016. Magnétique !

 

En 2009, Eliane de Latour prenait des photos de jeunes prostituées dans les ghettos d’Abidjan. Toutes étaient issues de famille qui les ont rejetées ou de régions en guerre. Elles dorment au milieu de décharges ou par terre dans la rue, sur des morceaux de carton ou du papier journal, parfois avec un bébé ou un jeune enfant à charge. Dans les portraits d’Eliane de Latour, elles voient une beauté qui les réhumanise, une forme de reconnaissance que tous leur dénient.

Eliane de Latour leur explique alors qu’elle va présenter leurs portraits dans des expositions parisiennes et que l’argent récolté, grâce aux ventes, leur reviendrait pour trouver un toit décent.

Une exposition splendide intitulée « Les belles oubliées » s’est tenue à la Maison des Métallos en 2011 puis une autre, appelée « Les belles retrouvées » en 2014. Eliane de Latour retourne alors à Abidjan en 2015 pour leur remettre les sommes gagnées et tourner son premier film « Little Go Girls ».

Le documentaire commence avec une série de portraits magnifiques des Go. Au son de l’envoûtante musique d’Éric Thomas et de la voix suave de Marie-Ange Coulibaly, on entre dans l’intimité des jeunes femmes qui s’appellent Bijou, Blancho, Chata, Mahi, … dont les corps se vendent 1€50 la passe, réalisée souvent dans des bungalows de palme qui se démultiplient. Les piroguiers viennent aussi chercher des filles pour monter sur les cargos et certaines en meurent ! Le ghetto de Bel Air, contrairement à son nom, est envahi par les poubelles et les insectes. C’est au son des grillons que les prostituées se maquillent dans le maquis avant de partir tapiner.

Pendant ce temps, la réalisatrice leur cherche une ONG mais personne ne veut de ces indésirables ! Pourtant, elles ne veulent plus vivre dans la clandestinité et la honte. Dix d’entre-elles vont monter le projet « la casa des Go » avec Eliane, trouver un appartement et se lancer dans de nouveaux petits boulots et leur alphabétisation. 

Toujours une cigarette au bord des lèvres, un enfant dans les jambes, un ventilateur qui souffle au gré des coupures de courant, les couleurs saturées de leurs vêtements, les tons pastels des murs et des sols, les Go nous montrent leur fragilité mais aussi leur courage. On les suit partout. Elles essuient par terre. L’une apprend la cuisine, l’autre la couture. Dans les toilettes, elles lavent le linge, la vaisselle, les poubelles, les bassines et éventuellement, essaient d’y faire leurs besoins.

Tatouages, piercing, faux longs cils, bijoux, perruques ou cheveux allongés, elles vivent ensemble relativement en harmonie qu’elles soient de confession catholique ou musulmane. On sent qu’elles ont besoin de bénédictions pour réparer leurs déchirures occultes et spirituelles.

Lorsqu’elles reçoivent leurs papiers d’identité, elles soupirent en disant « maintenant, on existe ! » C’est comme si elles gagnaient enfin un soupçon de dignité…

Le silence de leur intimité et de leur souffrance, leur beauté et leur volonté de s’en sortir, filmés par Eliane de Latour forment une prouesse tant photographique qu’humaniste.

La réalisatrice précise « Quand une jeune fille s’ouvre à moi dans sa fragilité, presque sans parole, je veux écouter ses yeux, ses gestes, sa brosse à cheveux, écouter ce que je regarde. »

« En acceptant de sortir de leur clandestinité, les Go d’Abidjan mettent en lumière toutes les autres qui croupissent dans l’angle mort du monde, telles des parias. »

Un témoignage discret et poignant. Un film juste, sincère, authentique, très esthétique et véritablement magnétique.

« Les Go sont les fragments d’une mosaïque qui finit par composer un dessin et un destin collectif. »

LITTLE GO GIRLS, un film d’Éliane de Latour

Avec Bijou Ballo, Sefia Koné, Maïmouna Fofana, Aminata Sidibé

RĂ©alisation et images, Eliane de Latour

TAGGAMA Production & Distribution JHR films

78 min /1.85 - 5.1 - COULEUR / France / 2015 VISA 141 053

www.jhrfilms.com

presse : Ciné-Sud Promotion

Florence Courthial

twitter : @flocourthial

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