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NOTRE COUP DE COEUR...

INFINIS D’ASIE

Jean-Baptiste HUYNH

Exposition jusqu’au 20 mai 2019 - Musée National des Arts asiatiques – Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

Plus d’information sur www.guimet.fr

Le musée Guimet présente une splendide rétrospective de photographies de l’artiste franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh du 20 février au 20 mai 2019. Cette exposition nous enchante car elle est un voyage imaginaire et introspectif du photographe réalisé pendant deux ans au sein des collections et des réserves du musée. Les visages, les regards, l’image de soi, la lumière, les végétaux, les objets usuels et sacrés, les animaux, l’intemporalité et la relation à l’infini sont autant de sujets explorés par cet artiste.



La rentrée est belle avec Albin Michel
Mardi, 01 Septembre 2015 12:46

 

La rentrée littéraire est foisonnante avec plus de six cents livres dont de nombreux qui font entendre des voix de femmes fortes. Nous en avons lu quelques uns dont les titres évoquaient un contenu original et agréable à lire. Cette sélection a été réalisée principalement en piochant dans les éditions Albin Michel car elles sont toujours la promesse de bonnes surprises. Nous les avons beaucoup aimés. Des romans surtout, et, un premier essai sensuel et sensé écrit par une jeune auteure… Voici, en quelques lignes, une présentation d’œuvres à dévorer sans modération. Belle, culturelle et joyeuse rentrée 2015 !

- TOUS NOS NOMS (All our names) roman de Dinaw Mengestu, traduit par Michèle Albaret-Maatsch

L’auteur de « Ce qu’on peut lire dans l’air » et des « Belles choses que porte le ciel » a écrit un nouveau roman d’un style singulier, à deux voix. Il y a celle d’Helen une jeune assistante sociale qui tombe amoureuse d’Isaac, un jeune Africain venu aux États-Unis dans le cadre d’un programme universitaire. Et celle d’Isaac. Mais quel est son vrai nom resté en Ouganda où la révolution a éclaté ? Entre un pays qui se déchire et une Amérique du Midwest blessée, les voix et les voies se croisent avec pudeur et étourdissement. Vous serez très émus et touchés par une écriture fluide et intelligente, et forcément un vécu métaphorique. C’est à la fois une histoire d’amour et d’amitié, c’est surtout un roman sur un immigrant dont les racines familiales sont profondes, et sur les pensées intimes d’êtres qui désirent dépasser les diktats de leur pays et de leur famille. Une œuvre puissante avec des personnages authentiques et sincères. Un chef-d’œuvre !

Extraits : « À ma naissance, j’avais treize noms. Chacun me venait d’une génération différente, depuis celle de mon père jusqu’à notre ancêtre le plus lointain. J’ai été le premier au village à en avoir autant, signe d’un lignage qui auréolait les miens d’un grand prestige. » page 225. (Isaac)

« Ma relation avec Isaac représentait mon plus grand voyage à ce jour et, pour cela, il avait fallu que je passe mes nuits dans un autre secteur de la ville, auprès d’un homme que personne n’aurait accepté que je fréquente. » page 237 (Helen)

- Ressources inhumaines, de Frédéric Viguier

Pour la première fois, vous entrerez dans un hypermarché sans caddie, sans panier, sans sac et vous en sortirez sans avoir réaliser un seul achat. Pourtant, les gondoles sont pleines à craquer… mais ceux qui craquent pourraient bien être les employés…

Une jeune femme de vingt ans banale (au point que l’auteur ne lui a même pas donné un prénom mais juste un pronom) entre comme stagiaire dans un hypermarché car elle veut combler le vide abyssal de sa vie terne. « Elle » quitte rapidement sa personnalité sans couleur, sans odeur dès qu’elle est mise au parfum des us et coutumes du grand Monde de la distribution. « Elle » en comprend vite les rouages ; le roman prend alors une tournure acide et amère en donnant vie à des sentiments qui n’en sont pas et des manipulations qui prennent le pas. Mais jusqu’où va t-elle aller pour gravir les échelons ? On lit ce roman implacable, glacial et dérangeant d’une traite et on fait ses courses à l’épicerie du coin ou au marché de proximité, abasourdis ! Excellent premier roman !

Extrait : « C’est dans le regard de l’autre que l’on grandit, que l’on se remplit, que l’on devient quelqu’un. Se laisser regarder, cela permet de ne pas s’intéresser à soi, mais à ce que l’on représente. » page 34.

- Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes, écrit par Olivier Bleys

Ce livre met en scène une famille chinoise très modeste vivant dans la banlieue de Shenyang, ancienne ville industrielle. Elle doit faire preuve de persévérance pour continuer à vivre dans la maison familiale au travers des péripéties provoquées par les transformations et l’évolution rapide de la Chine contemporaine, sous le regard du dernier arbre à laque qui a vu les générations se suivre et résister à tout.

Wei Zhang, le chef de famille, nous emporte dans ses différentes luttes, d’abord contre la famine et le froid puis contre monsieur Fan, un abominable homme d’affaires qui le menace d’expulsion. Un conte moderne sur les méandres de la Chine capitaliste, sur l’amour de la famille et de la nature qui s’efface au profit des millions… et sur l’honneur. À méditer !

« Janvier, février étaient des mois rudes. Les températures tombaient jusqu’au tréfonds du thermomètre. Une laque d’hiver, lisse et blanche, nappait la cour de la maison. En cette saison, l’encens brûlait mal ; la flamme qui remuait comme une petite langue au bout du bâtonnet menaçait de s’éteindre, pincée par le gel. Les prières alors se réduisaient à quelques mots. Des demandes ordinaires (charbon pour le poêle, riz pour la cuisine) que Wei récitait debout, se dandinant d’un pied sur l’autre comme s’il craignait qu’un des deux s’attachât au sol. » page 43

- Méfiez-vous des femmes exceptionnelles, de Claire Delannoy

Diane, Chris, Marie, Nour et Sofia sont des amies de longue date. L’une vit à New York, les autres à Casa, Naples ou Paris. Elles se retrouvent à la suite du décès du mari de Diane. Diane découvre l’existence d’une fille cachée. Entourée de ses amies, elle lève le voile sur les grandes épreuves de la vie, les omissions, les demi-vérités, les trahisons, les mensonges mais aussi et surtout, sur leur complicité et leur solidarité. Ces femmes éprises de liberté revendiquent leur choix de vie et dessinent à nouveau les contours de l’amitié et de l’amour. Toute la complexité des femmes dans un roman écrit avec force, tendresse et vérité.

Extrait : « C’est à chaque fois pareil, quand je m’exclame sur la beauté d’une de mes toiles on me regarde bizarrement, mais nous les femmes nous sommes bien obligées de nous surestimer si nous voulons être reconnues. » page 213 : tellement vrai !

- Libres d’aimer, Les cougars dans la littérature, écrit par Clélia Renucci (En librairie le 3 septembre.)

Initiatrices, mères, pots de colle, SM, No sex, inflexibles, allumeuses, éconduites, fausses dévotes séductrices, collectionneuses, briseuses de ménage, croqueuses de fortune, féministes, "barbonnes", victimes de l’amour, insoumises, cougars pas ennui, "pygmalionnes", toy ladies ou celles qui auraient pu être des cougars mais qui n’en sont pas, laquelle de ces cougars êtes-vous ou aimeriez-vous être, ou pas ?

Pour le savoir, promenez-vous dans cet essai sensuel et sensé en compagnie de grands auteurs tels que Balzac, Colette, Daudet, Musset, Sagan ou Zweig et (re)découvrez l’histoire de femmes qui ont aimé en toute liberté et ont été aimées en retour, en détournant les idées reçues et déjouant certains pièges.

Ce parcours dans la littérature est parfois drôle, souvent sensuel voire érotique et très évocateur. Il peut aussi ouvrir la porte aux phantasmes les plus fous…

Le crime du comte Neville, vingt-quatrième roman d’Amélie Nothomb

La gourmandise de l’été c’est toujours « un Nothomb ». Une nouvelle fois, on lit d’une traite le roman d’Amélie Nothomb qui est un vrai conte de fées. Un délicieux bonbon, du pain chaud, un chocolat de chez Debauve & Gallais, une coupe de Champagne, en un mot : un grand cru.

Ce qui fait l'attrait d’un Nothomb c’est de ne rien savoir de son contenu avant de le l’ouvrir et de le goûter. Le titre évoque un crime, d’un comte, mais pourquoi ? Comment ? Où ? Par qui ? De qui ? Pour qui ? … Découvrez vite les réponses en le lisant. Un délice d’écriture et d’originalité, à la fois désuet comme tous les contes de fée et terriblement d’actualité (surtout lorsqu’ on a (ou, on a eu) des ados à la maison… pardon, …au château). Régalez-vous bien !

Et encore plus de choix : www.albin-michel.fr

Florence Courthial

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