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NOTRE COUP DE COEUR...

20 ANS d'acquisitions du musée du Quai Branly Jacques Chirac

 

Exposition du 24 septembre 2019 au 26 janvier 2020

Musée du Quai Branly - Jacques Chirac

Plus d’information sur www.quaibranly.fr

20 ans. Les acquisitions du musée Quai Branly - Jacques Chirac, est une exposition remarquable, témoin de la vitalité des créations d'Afrique, d'Océanie, d'Asie et des Amériques. Depuis sa première acquisition en 1998 une statuette féminine provenant du Mexique, créée entre 600 et 200 avant J.-C., symbole iconique du musée du quai Branly, jusqu'à nos jours, vous découvrirez plus de 500 chefs-d'oeuvre des arts premiers, principalement...



La Rose dans le bus jaune
Mercredi, 08 Mai 2013 16:54
altTout le monde connaît le nom de Rosa Parks, cette couturière afro-américaine qui devint célèbre parce qu’elle a eu le courage de refuser de céder sa place à un Blanc dans un autobus. C’était le 1er décembre 1955, à Montgomery (Alabama). Elle fut arrêtée par la police et se vit infliger une amende de 14 dollars, le 5 décembre, après un court séjour en prison. Mais c’est à peu près tout ce que l’on sait d’elle, alors qu’elle était une femme remarquable et une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis. « La Rose dans le bus jaune » est son histoire, merveilleusement racontée par Eugène Ébodé.

Deux couleurs dans le titre peut être parce qu’à l’époque de Rosa Parks les Etats-Unis était encore frappés par la ségrégation raciale et cela devenait insupportable. Jim Crow, le maire de Montgomery symbolisait alors totalement cette ségrégation. Les enfants noirs étaient traumatisés parce qu’ils ne pouvaient pas fréquenter les écoles des Blancs, ni même les parcs, les cinémas, les restaurants. Les sièges dans les bus étaient réservés aux Blancs, les Noirs devant soit voyager à l’arrière, debout, ou ne pas monter dans le bus ! Et pire que tout, le Ku Klux Klan sévissait en permanence en, pendant, brûlant, massacrant et noyant les Hommes de couleur dès qu’une occasion se présentait : un vrai cauchemar qui effrayait toute une population. Dans ces conditions, il était vraiment difficile, voire suicidaire, de se rebeller.

Rosa Parks, elle, l’a fait. Et ce qu’elle a fait, a véritablement infléchi le cours de l’histoire.
La Rose dans le bus jaune est un roman à la fois biographique (c’est Rosa Parks qui parle à la première personne) et une fiction, dont l’auteur crée un néologisme puisqu’il dit qu’il a écrit une « bio fiction ». Le livre repose sur des faits historiques et sur des morceaux de vie de Rosa, bien réels mais aussi sur ses rêves et ses pensées, bien sûr, imaginées par Eugène Ebodé…

« C’est si bon, Lovers say that in France, When they thrill to romance, It means that it’s so good, C’est si bon, Like the French people do, Because It’s oh so good… »

« J’aimais entendre cet air, quand j’étais jeune. J’aimais m’enfouir dans cette mélodie, m’aspergeant des phrases musicales comme d’un parfum enivrant, vautrée dans mon ancien canapé aux coussins bleus. » Page 18.

altRosa était couturière et très sérieuse dans son travail mais plutôt timide et effacée. Elle était mariée à Raymond dont elle était très amoureuse et rêvait d’être mère.

Pendant son temps libre, elle militait, d’abord auprès de Fred Gray, un jeune avocat qui voulait que les noirs puissent être inscrits sur les listes électorales. Puis, auprès de Nixon, Président de l’Association pour l’amélioration de la condition des gens de couleur et enfin, avec le jeune révérend de l’église baptiste Martin Luther King.

King demanda à tous, pasteurs, fidèles, ouvriers, employeurs, hommes et femmes, noirs et Blancs confondus dans l’Amour du Christ et dans la fraternité humaine de boycotter tous les bus jusqu’à ce que la discrimination raciale n’existe plus !

Le roman semble cousu par les mots de l’histoire et les maux de toute la communauté noire excédée. Le mélange discret de langue française et américaine donne une impression musicale à l’œuvre comme si Eugène essayait de restituer l’art oratoire si cher aux Africains.

Toute une humanité est ici évoquée et impliquée. Ce roman est à cœur ouvert, tel un Gospel fredonné. C’est un hymne à la mémoire d’une femme remarquable, qui aurait eu 100 ans le 4 février dernier.

La Rose dans le bus jaune est un magnifique hommage rendu Ă  tous ces ĂŞtres merveilleux qui se sont battus quotidiennement et sans violence pour des conditions de vie Ă©gales entre tous.

altLa Rose dans le bus jaune. Un must !

www.gallimard.fr

Extraits :
Page 145 : Les Africains devraient un jour dire aux morts et aux vivants qu’ils ont entendu leurs cris et qu’ils consacreront, dans leurs écoles, un mois du souvenir pour la paix des suppliciés et celle de leurs descendants. Plus encore, il faudra, tournant les regards vers les vivants, leur dire que les morts les supplient de rompre avec la cruauté, de s’arracher à la fabrique du malheur pour libérer leur potentiel créatif.

Page 237 : « Seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuves, se fortifient. » Sénèque.

top Par Florence Courthial