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NOTRE COUP DE COEUR...

Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence »

Musée d’Art moderne de la ville de Paris

jusqu’au 6 janvier 2019

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Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première grande exposition consacrée depuis quinze ans à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013) : « L’espace est silence », jusqu’au 6 janvier 2019. Zao Wou-ki aimait peindre ce qui ne se voit pas : le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs, leur fusion, … Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont encore trop rares



La silencieuse, le premier roman de Ariane Schréder
Vendredi, 25 Janvier 2013 15:25
alt Ariane Schréder vit à Paris. Elle est normalienne et agrégée de Lettres modernes. Je lis son livre "La silencieuse" dans le métro lorsqu’une jeune et jolie femme brune, souriante et douce, m’interpelle et me dit « C’est une amie qui a écrit ce livre ! » Je lui réponds : « C’est un délicieux premier roman.» et son amie me dit alors, « Je lui dirais que vous l’aimez, elle sera ravie… C’est un premier roman… ‘Publié’ !!!» Peut-être que je venais de croiser Lise…

Comme Paris est petit et comme grand est le nombre d’opus écrits par des auteurs doués qui n’ont pas eu encore la chance d’être publiés… Heureusement, les éditions Philippe Rey ont reconnu un talent certain avec cette jeune auteure dont les mots ne seront pas les seuls à prendre de la hauteur…

La silencieuse c’est le silence délicieux des saisons qui passent, c’est le silence des mots délicats de Ariane Schréder qui a écrit un roman au goût de fraises des bois, à l’odeur de pin et aux couleurs blanches immaculées d’une neige fraîchement tombée.

La silencieuse
se lit d’une traite parce que c’est un roman fin, délicat, subtil, intérieur et vraiment poignant. Les mots sont comme des souffles, légers comme une plume.

L’histoire :

Clara, artiste-sculpteur de 32 ans, orpheline, vient d’être délaissée par son compagnon, Barnabé, avec qui elle était marionnettiste. Le cœur brisé par cette rupture, Clara décide de quitter Paris pour s’installer dans un village à une centaine de kilomètres de la capitale. Elle y choisit une grande maison calme pour sculpter ; ses sculptures sont blanches, gracieuses et aériennes. Elles ressemblent à des oiseaux ou des insectes et grimpent le long des poutres. Clara est solitaire et s’enferme dans une solitude certaine bien qu’elle aime échanger quelques mots avec ses voisins.

Elle se donne un an, pour voir… car le silence donne un nouveau regard…

Les rencontres qu'elle fait sont très silencieuses. Il y a Omar, un vieil homme d’origine algérienne qui lui aussi à des mots plein la bouche qui ne sortent jamais. D’ailleurs, lui non plus ne sort jamais de sa maison, c’est donc Clara qui promène sa chienne Belle. Il y a l’Adorateur un homme-sauvage qui vit principalement dehors et qui ne parle pas. Il y a Ameline, la pharmacienne avec qui elle partage quelques soirées « de filles ». Et, de temps en temps, Lise, sa meilleure amie parisienne et Julie, sa fille l’invitent à faire la fête à Paris ou à passer quelques jours dans son « havre vert » comme dit Clara avec tendresse. Elle adopte un chaton, Plume, dont elle s’éprend comme une mère.

En société, Clara ne trouve jamais les mots pour donner le change. Lorsqu’elle vivait avec Barnabé, il parlait pour elle. Peut-être imagine-t-elle que, grâce à cette année de silence qu’elle se donne, elle sera enfin capable de trouver les mots qu’elle aimerait tant prononcer ?
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Ce roman est une jolie quête intérieure mais aussi, des autres. Dans ce texte, "être" semble simple. Le silence de Clara lui permet de traverser les épreuves de l’eau, de l’air, du feu et peut-être de la Terre, si jamais elle décide de rester vivre au cœur de Dame nature qui lui sied à merveille.

Clara est fine, authentique, humble, poétique, talentueuse et sans fioritures, certainement comme Ariane, son auteure… Elle a les maux des mots et le vœu de s’ouvrir un jour, vraiment.

Un premier roman « publié » qui présage un grand avenir littéraire à Ariane Schréder, dont l’écriture est sensible, fluide, imagée, souple et gracieuse. Un très beau livre comme on en lit rarement. Pur, presque fragile et très émouvant.

LA SILENCIEUSE ne restera pas longtemps « sous silence » !

La silencieuse, par Ariane Schréder, 217 pages aux éditions Philippe Rey
Parution le 7 février 2013

www.philippe-rey.fr

Extraits :

Page 105 : C’est la puissance contenue. L’alliance de la force et de la beauté. Du sauvage et du sublime. J’aimerais donner plus de poids à mes sculptures. Pour l’instant, je n’ai pas trouvé comment. »

Page 132 : « Ce n’est pas le doute qui rend fou, ceux sont les certitudes. » Nietzsche.

(Le visuel choisi est une sculpture de Jean (Hans) Arp (1887-1966), Silent, réalisée en marbre blanc en 1949, citée par l’auteure dans son roman)

Par Florence Courthial
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